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Vous reprendrez bien un peu de sanskrit ?

La bataille de Kurukshetra telle que racontée dans le Mahabharata, un des plus importants livres de l'hindouisme. Le sanskrit, et les textes sacrés indiens en général, n'ont été mis à l'écrit que très tardivement.
La bataille de Kurūkshetra (État de Haryana, nord de l’Inde) telle que racontée dans le Mahābhārata, une des plus importantes épopées de l’hindouisme, composé sur plusieurs siècles au cours de l’antiquité. Le sanskrit, et les textes sacrés indiens en général, n’ont été mis à l’écrit que très tardivement. C’est pour cette raison que le sanskrit est considéré comme n’ayant aucun alphabet propre. – manuscrit du XVIIIè siècle / domaine public

(si vous ne savez pas ce qu’est le sanskrit, c’est l’équivalent indien du latin.)

Cet article s’adresse à tous ceux qui ont du mal avec l’anglais, l’allemand ou une autre langue. C’est trop dur pour vous ? Une mini-cure de sanskrit de 5 min devrait résoudre le problème. On va faire quelques phrases très simples ensemble. Après, toutes les langues étrangères vous paraîtront faciles.

mama nāma Rāmaħ. (mon nom est Rama)

Le premier mot est aham (« je ») qui décliné au génitif donne mama. Le deuxième est le neutre nāman qui au nominatif devient nāma. Le troisième est le prénom Rāma qui devient Rāmas au nominatif, sauf qu’on est en fin de phrase, et donc ça devient Rāmaħ.

kutrāsti vo rājā ? (où est votre roi ?)

Le premier mot est kutra qui signifie « où ». Le second est asti qui est le verbe « être » à la troisième personne du singulier. Mais, pour faire joli, ils fusionnent en kutrāsti. Le troisième mot est yūyam qui signifie « vous », mais vu qu’il est au génitif il devient yușmākam, et vu que yușmākam est un peu lourd on préfère utiliser la version courte (enclitique), vas. Mais le mot d’après commence par un r, donc vas devient vo. Le quatrième mot est le masculin rājan (« roi »), et comme il est au nominatif il se décline en rājā.

kākaħ kutra vasati ? (où vit le corbeau ?)

Le premier mot est kāka, mot masculin signifiant « corbeau ». Au nominatif comme ici, il devient kākas, mais vu que le mot d’après commence par un k, il devient kākaħ. Kutra veut dire « où ». Vasati vient de la racine vas- (habiter) et le suffixe ati est celui de la troisième personne du singulier.

kāko grāmeșu vasati. (le corbeau vit dans les villages)

Le premier mot est toujours « corbeau » au nominatif, mais vu que le mot d’après commence par un g, il devient kāko au lieu de kākas. Le deuxième mot est le masculin grāma (village), qui devient grāmeșu au locatif pluriel.

bhayād gŗhān na nirgacchāmaħ. (de peur, nous ne sortons pas de la maison)

Le premier mot est bhaya (peur). À l’ablatif (« de qch. »), il devient bhayāt, mais vu que le mot d’après commence par un g, il devient bhayād. Le deuxième mot est gŗh (maison) ; il est aussi à l’ablatif et se transforme en gŗhāt, mais vu que le mot d’après commence par un n, il mute en gŗhān. Le troisième mot est juste la négation na. Le quatrième vient de la racine nirgama (sortir) accolé au suffixe de la première personne du pluriel, amas, ce qui fait nirgacchāmas (oui, le m est devenu ccha). Mais vu qu’on est en fin de phrase, ça devient nirgacchāmaħ.

Les exemples sont pris du cours d’initiation au sanskrit de l’Inalco, accessible aux étudiants en première année du département Asie du sud.