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Pour un conseiller de Donald Trump, la Turquie complote avec l’uranium amérindien… (Zaman)

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Joseph Schmitz

 

Voici la copie de mon article écrit le 21 avril 2016 pour le journal franco-turc Zaman lors de mon passage là-bas. Tous mes 19 articles pour Zaman sont accessibles ici.

L’avocat Joseph Schmitz a récemment été nommé conseiller en politique étrangère de Donald Trump, le candidat controversé des primaires américaines. Cet ex-inspecteur général du Pentagone avait soutenu l’année dernière une théorie du complot impliquant Ankara, de l’uranium, des projets terroristes et des tribus amérindiennes.

Joseph Schmitz, membre du think tank notoirement islamophobe Center for Security Policy, est devenu l’un des conseillers en politique étrangère de Donald Trump, le candidat républicain aux primaires américaines. Schmitz s’était fait connaître l’an dernier par une sortie à dormir debout concernant les Turcs.

La Turquie à l’assaut des terres amérindiennes pour imposer sa vision de l’islam !

Schmitz a servi avec Lawrence Kogan comme co-conseiller dans un procès de 2015 pour le sénateur du Montana Bob Keenan et l’ex-sénateur Verdell Jackson. L’objet était de bloquer la prise en charge du barrage Kerr, dans le nord-ouest américain, par les tribus des Salish confédérés et des Kootenai. L’édifice a été renommé «barrage de Seli’š Ksanka Qlispe’» après son acquisition pour 18,3 millions de dollars par l’entreprise Energy Keepers, de propriété tribale. Les deux avocats ont affirmé que le tranfert du barrage permettrait au gouvernement turc et à des terroristes d’obtenir du matériel nucléaire. Ils ont justifié leurs arguments par des rumeurs autour de la Coalition Turque d’Amérique, un groupe de lobbying à but non lucratif qui œuvrait à établir des liens commerciaux agricoles avec les populations amérindiennes. Leur crainte était que ce ne soit un cheval de Troie d’Ankara pour «promouvoir sa vision de l’islam» sur les réserves amérindiennes. Le but final aurait été d’exploiter les dépôts d’uranium du secteur et de solliciter l’expertise tribale dans la production de yellowcake, une matière hautement radioactive pouvant servir à fabriquer des bombes.

«C’est totalement ridicule»

«Il est possible que le gouvernement turc, des entreprises turques sponsorisées et des groupes terroristes affiliés ou leurs membres cherchent l’accès à une telle expertise pour l’acquisition potentielle et l’utilisation de dispositifs incendiaires pour compromettre le barrage Kerr et/ou d’autres cibles hors-réserve», assure le contenu de la plainte. Des défenseurs des relations turco-américanes ont qualifié les propos des deux avocats de «purement horribles», rappelant l’appartenance de la Turquie à l’Otan et son alliance avec Washington. «Il y a un intérêt à développer le business avec le pays indien», a déclaré Lincoln McCurdy, président de la Coalition Turque d’Amérique. «Mais apporter des valeurs islamiques et des armes nucléaires ? C’est totalement ridicule». Schmitz et Kogan se sont rétractés en octobre dernier, n’ayant pas pu étayer leurs allégations avec des preuves factuelles.

Fier de sa récente victoire dans le stratégique État de New York, Donald Trump est grand favori à l’investiture républicaine. Son parti craint que son populisme et ses provocations répétées ne lui garantissent une défaite face aux démocrates lors des élections présidentielles de l’année prochaine.

Pourquoi le vote électronique est démocratiquement discutable

Machine à voter de Smartmatic utiliser lors des élections régionales belges.
Machine à voter de Smartmatic utilisée lors des élections régionales belges. – Ciudadana Digital (25 mai 2014)

Vote classique

Vous prenez des bouts de papiers avec le nom du candidat / liste dessus (ou les logos des partis si le taux d’alphabétisation est faible là où vous êtes). Vous prenez aussi une enveloppe. Vous allez dans un isoloir où vous êtes seul. Vous mettez le bout de papier choisi dans l’enveloppe. Vous vous débarrassez des autres bouts de papier. Vous sortez de l’isoloir et vous allez jusqu’à l’urne (transparente, si tout va bien). Vous montrez votre carte d’électeur, vos documents d’identité. Vous mettez le bulletin dans l’urne. Vous signez à côté de votre nom. Vous mettez votre doigt dans de l’encre qui ne partira pas avant un certain temps.

Un enfant serait capable de vérifier si le vote se déroule correctement, c’est-à-dire :

  • si un électeur ne vote pas sous le regard des autres (isoloir) ;
  • si un électeur ne proclame pas son choix devant tout le monde ;
  • si l’urne n’est pas bourrée (c’est pour cela qu’elle doit être transparente) ;
  • si un électeur ne vote pas plusieurs fois ;
  • etc.

Vote électronique

Ni isoloir, ni urne, ni bulletin : vous votez sur une machine. L’informatique se charge du reste. Les informaticiens / cryptographes vous assurent que c’est sûr et honnête, qu’il n’y a pas de backdoor, pas de faille, pas de bug, etc.

Le problème, c’est que, à moins d’être un informaticien bien calé en cryptographie, vous n’avez aucun moyen de vérifier si le vote se déroule correctement : ce serait largement au-delà de vos compétences. (Et même si vous en étiez un, rien ne vous assure qu’une équipe de petits malins ne  découvrira jamais comment truquer le scrutin en exploitant une faille que vous n’auriez pas vu, mais c’est une autre histoire.)

Est-ce démocratique d’organiser un scrutin dont seule un infime portion de la population est capable de vérifier l’honnêteté ?