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Dans le plus grand mall du Moyen-Orient (voire du monde)

(7 juillet 2016, 16h27)
Reine des neiges, Minions, Angry Birds : de quoi faire craquer des Iraniens de tous âges… (7 juillet 2016, 16h27)

« Où se trouve le plus grand mall du Moyen-Orient ? » lance notre accompagnateur iranien, zigzaguant dans la circulation au volant de son Iran Khodro toute blanche. « À Dubaï ? Non ! À Riyadh ? Non ! À Koweït ? Non ! Il est à Shiraz ! »

Inauguré en 2012, le Persian Gulf Complex se dresse dans le désert de la province de Perse (فارس Fârs), près de la route qui mène vers l’ouest de l’Iran. Il se trouve juste au nord de la capitale de la province : Shiraz (شیراز Shirâz), ville « de la poésie, des roses et des rossignols », verte et très étalée, une des villes les plus influentes de l’Iran. Techniquement, l’Isfahan City Center est légèrement plus grand. Peut-être du fait de la rivalité ancestrale entre Shiraz et l’autre ville influente qu’est Ispahan (اصفهان Esfahân), notre accompagnateur shirazi préfère éluder cette différence de surface. De toute façon, du haut de ses 2500 emplacements de magasins, le Persian Gulf Complex bat à plate couture tous les autres centres commerciaux de la planète.

L'extérieur du Persian Gulf Complex est inspiré des colonnes de la ville achéménide de Persépolis (Takht-e Jamshid), située quelques dizaines de kilomètres plus au nord.
L’extérieur du Persian Gulf Complex est inspiré des colonnes de la cité achéménide de Persépolis (تخت جمشید Takht-e Jamshid), dont les ruines se trouvent quelques dizaines de kilomètres plus au nord. (7 juillet 2016, 17h21)

Une fois garés dans un des quatre étages du parking souterrain — gratuit en ce qui nous concerne — nous entrons dans le centre commercial à proprement parler. Les premières choses que nous voyons sont des boutiques pour enfants.

(7 juillet 2016, 16h26)
Une boutique Hello Kitty, annonçant un rabais de 30 % à l’occasion de la fête de ‘Eid-e Fetr (عید فطر) de fin du Ramadan. Mis à part quelques affiches, l’Eid passe globalement inaperçu à Shiraz. (7 juillet 2016, 16h26)

Il y a un peu de monde. Au milieu des allées se vendent des ballons en forme de Minions ou encore des coques de téléphones.

(7 juillet 2016, 17h10)
Des coques à oreilles de lapin ! (7 juillet 2016, 17h10)

Plus loin s’illuminent de nombreuses boutiques de vêtements. En faisant abstraction des étalages de foulards et de l’abondante contrefaçon, on se croirait dans n’importe quel centre commercial occidental. On pourrait en dire de même de la plupart des malls iraniens, d’ailleurs.

(7 juillet 2016, 17h06)
Bien des marques présentées ici sont issues de contrebande entre les États de la rive arabe du Golfe et la province iranienne de Hormozgân, au niveau du détroit d’Ormouz. Notez le mannequin féminin habillé de manière assez peu islamique. (7 juillet 2016, 17h06)
(7 juillet 2016, 16h51)
En Iran, les cravates seraient semble-t-il un symbole croisé et une marque de la décadence occidentale. Ce qui n’empêche personne d’en vendre et d’en porter. (7 juillet 2016, 16h51)

Sur deux étages s’étend le supermarché Hyperstar, déclinaison locale de Carrefour.

(7 juillet 2016, 16h38)
Un supermarché en somme toute très habituel. (7 juillet 2016, 16h38)
Un air de ressemblance avec les supermarchés allemands ? (7 juillet 2016, 16h34)
Un air de ressemblance avec les supermarchés allemands ? (7 juillet 2016, 16h34)

Entre le mini-parc d’attraction et les fontaines multicolores, les enfants ont de quoi s’amuser.

(7 juillet 2016, 16h50)
Les fontaines sont assez impressionnantes en version animée. Notez le dinosaure ! (7 juillet 2016, 16h50)

Mais dès lors qu’on s’éloigne du rez-de-chaussé et du coeur du mall, l’ambiance prend une teinte étrange. La plus grande partie du centre commercial est vide, sombre, dénuée de toute activité. Alors que les grands malls perdent de leur popularité à travers le monde, l’excentré Persian Gulf Complex souffre de la concurrence de centres commerciaux de taille plus modeste, ainsi que des innombrables boutiques qui bourdonnent au centre-ville.

(7 juillet 2016, 17h04)
Une boutique Tati va ouvrir au fond du mall. Espère-t-on attirer clients et magasins sur le chemin inerte menant à l’enseigne ? (7 juillet 2016, 17h04)
Entre les deux étages du supermarché Hyperstar (), on aperçoit les faubourgs nord de Shiraz. (7 juillet 2016, 16h39)
Entre les deux étages du supermarché Hyperstar (هایپرستار Hâyperstâr), on aperçoit les faubourgs nord de Shiraz. (7 juillet 2016, 16h39)

Cartes aux pommes (présentation économie)

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Certaines entreprises ont vraiment très très bien réussi dans la vie.

À la demande d’étudiants de ma promotion de Hautes Études Internationales à l’Inalco, voici en ligne les deux présentations que j’ai faites en cours d’économie, avec pour thème les PIB des pays du monde rapportés aux profits de la boîte la plus prospère de l’histoire : Apple. En prime, vous apprendrez en quoi la firme fruitée remplit — comme bien d’autres — tous les critères techniques pour être considérée comme… un État !

Ce papier étant trop consistant pour tenir décemment en tant que post ici, il est accessible comme page sous l’onglet « liste des articles » de ce site.

Mangez des pommes ! (articles connexes)

« Apple et le FBI, au cœur des guerres de la surveillance » (Zaman)

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Voici la copie de ce papier publié le mercredi 27 avril à 17h14 sur le site du journal Zaman France.

Quelques minutes après la publication de l’article, un employé d’Apple se tuait d’une balle dans la salle de réunion du quartier général de la firme, à Cupertino, Californie.


Une multinationale préférerait se suicider plutôt que de fournir au gouvernement une arme de surveillance massive. Ce n’est pas un scénario de film, mais une affaire judiciaire aux États-Unis, point de départ annoncé de «guerres de la crypto» entre géants de la tech et États.

Rien ne va plus entre Apple et le FBI. Les relations entre la firme américaine et l’agence de renseignement se sont nettement dégradées ces derniers mois. Dernier épisode en date : la demande par le FBI d’accéder à l’iPhone d’un dealer new-yorkais, requête retirée la semaine dernière après que la police en ait obtenu le code par des moyens non technologiques.

Tout commence en décembre 2015, quand Syed Farook et sa compagne abattent 14 de leurs collègues à San Bernardino, en Californie. Avant de mourir, les deux terroristes avaient détruit leurs smartphones personnels. Reste aux enquêteurs un iPhone 5c que Farook avait reçu de son employeur, l’administration locale. Seulement, il est crypté, conçu pour être inviolable, même pour son fabricant.

Le téléphone de Farook est un modèle vieux de deux ans, pour lequel des techniques de piratage sont connues. Aussitôt saisi, le FBI en modifie l’identifiant auprès d’Apple, ôtant l’espoir d’en récupérer les données via les serveurs de la firme. L’agence exige alors de la compagnie d’inventer un système d’exploitation permettant de pénétrer n’importe quel iPhone, prétextant qu’il ne serait utilisé «que sur un téléphone». Tim Cook, le très réservé PDG de la firme, rejette publiquement la requête le 16 février, qualifiant une telle porte dérobée d’«équivalent logiciel d’un cancer». «Ce n’est pas juste un téléphone», dénonce-t-il. «C’est vraiment le futur qui est en jeu. Vous avez un type à Manhattan [Cyrus Vance, procureur de New York, ndlr] qui dit «J’ai 175 téléphones que je veux y faire passer.»»

Tim Cook, PDG d'Apple depuis 2011 (photo : site iPhone Digital)
Tim Cook, PDG d’Apple depuis 2011 (photo : site iPhone Digital)

Apple soutenu par Google et Facebook

S’engage un pugilat judiciaire. Pour les avocats de la firme, la création de « GouvernementOS », surnom donné chez Apple à la porte dérobée, conduirait à «TraçageDeLocalisationOS ou EspionnageOS demain» et permettrait à Washington de s’accaparer «la capacité de forcer des entreprises […] à saper les intérêts basiques de sécurité et de vie privée de centaines de millions d’individus autour du globe».

De Google à Facebook, 37 entreprises technologiques décident d’appuyer Apple au tribunal. Même l’ex-patron de la NSA et le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU soutiennent le groupe. Seul Bill Gates, ex-PDG de Microsoft, l’ennemie ancestrale d’Apple, encense le FBI, peu avant que Microsoft ne se déclare elle-même «de tout cœur» avec la marque à la pomme.

«La rhétorique d’Apple est non seulement fausse, mais aussi destructrice des institutions mêmes qui sont les plus à même à sauvegarder notre liberté et nos droits», rétorquent les avocats du gouvernement. Devant le Congrès américain, James Comey, directeur du FBI, s’interroge : «Et si [les ingénieurs d’Apple] étaient kidnappés et forcés à écrire du logiciel ?».

James Comey, directeur du FBI (photo : Paul Morigi / Flickr)
James Comey, directeur du FBI (photo : Paul Morigi / Flickr)

Des lois pour faire interdire l’iPhone ?

Dans le cas plausible d’une défaite au tribunal, Apple envisage des démissions massives chez ses ingénieurs qui la mettraient hors d’état de coder, que ce soit pour le FBI ou ses propres produits. L’écosystème logiciel d’un smartphone, «assiégé au quotidien» selon les propres mots d’Apple, demande un soin permanent. Même pour la firme la plus prospère de l’histoire, se paralyser ainsi relèverait du suicide.

Le 21 mars, la veille de la très attendue première audience, patatras. Le FBI rétropédale, préférant ouvrir le téléphone dans son coin et clamant n’avoir jamais voulu «dire quoi que ce soit d’infâme sur Apple». Après une semaine et 1,3 millions de dollars payés à un tiers inconnu, l’iPhone est ouvert : il est vide. Taxés de complaire avec la surveillance, les géants de la tech s’engouffrent désormais dans le cryptage, soulevant l’irritation de politiques du monde entier. En France, un amendement du député LR Éric Ciotti manquait, à une voix près, de pouvoir faire interdire les iPhones car trop sécurisés. Le sénat américain envisage des lois similaires.


Si vous souhaitez savoir quels sont les 37 amis dévoués d’Apple parmi les entreprises de la tech, consultez cette magnifique infographie à oreilles de lapin.

Pour un conseiller de Donald Trump, la Turquie complote avec l’uranium amérindien… (Zaman)

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Joseph Schmitz

 

Voici la copie de mon article écrit le 21 avril 2016 pour le journal franco-turc Zaman lors de mon passage là-bas. Tous mes 19 articles pour Zaman sont accessibles ici.

L’avocat Joseph Schmitz a récemment été nommé conseiller en politique étrangère de Donald Trump, le candidat controversé des primaires américaines. Cet ex-inspecteur général du Pentagone avait soutenu l’année dernière une théorie du complot impliquant Ankara, de l’uranium, des projets terroristes et des tribus amérindiennes.

Joseph Schmitz, membre du think tank notoirement islamophobe Center for Security Policy, est devenu l’un des conseillers en politique étrangère de Donald Trump, le candidat républicain aux primaires américaines. Schmitz s’était fait connaître l’an dernier par une sortie à dormir debout concernant les Turcs.

La Turquie à l’assaut des terres amérindiennes pour imposer sa vision de l’islam !

Schmitz a servi avec Lawrence Kogan comme co-conseiller dans un procès de 2015 pour le sénateur du Montana Bob Keenan et l’ex-sénateur Verdell Jackson. L’objet était de bloquer la prise en charge du barrage Kerr, dans le nord-ouest américain, par les tribus des Salish confédérés et des Kootenai. L’édifice a été renommé «barrage de Seli’š Ksanka Qlispe’» après son acquisition pour 18,3 millions de dollars par l’entreprise Energy Keepers, de propriété tribale. Les deux avocats ont affirmé que le tranfert du barrage permettrait au gouvernement turc et à des terroristes d’obtenir du matériel nucléaire. Ils ont justifié leurs arguments par des rumeurs autour de la Coalition Turque d’Amérique, un groupe de lobbying à but non lucratif qui œuvrait à établir des liens commerciaux agricoles avec les populations amérindiennes. Leur crainte était que ce ne soit un cheval de Troie d’Ankara pour «promouvoir sa vision de l’islam» sur les réserves amérindiennes. Le but final aurait été d’exploiter les dépôts d’uranium du secteur et de solliciter l’expertise tribale dans la production de yellowcake, une matière hautement radioactive pouvant servir à fabriquer des bombes.

«C’est totalement ridicule»

«Il est possible que le gouvernement turc, des entreprises turques sponsorisées et des groupes terroristes affiliés ou leurs membres cherchent l’accès à une telle expertise pour l’acquisition potentielle et l’utilisation de dispositifs incendiaires pour compromettre le barrage Kerr et/ou d’autres cibles hors-réserve», assure le contenu de la plainte. Des défenseurs des relations turco-américanes ont qualifié les propos des deux avocats de «purement horribles», rappelant l’appartenance de la Turquie à l’Otan et son alliance avec Washington. «Il y a un intérêt à développer le business avec le pays indien», a déclaré Lincoln McCurdy, président de la Coalition Turque d’Amérique. «Mais apporter des valeurs islamiques et des armes nucléaires ? C’est totalement ridicule». Schmitz et Kogan se sont rétractés en octobre dernier, n’ayant pas pu étayer leurs allégations avec des preuves factuelles.

Fier de sa récente victoire dans le stratégique État de New York, Donald Trump est grand favori à l’investiture républicaine. Son parti craint que son populisme et ses provocations répétées ne lui garantissent une défaite face aux démocrates lors des élections présidentielles de l’année prochaine.

« Combien d’Apple valent les pays du monde ? » (Numérama)

Avez-vous déjà essayé de mesurer le PIB d'un pays avec des pommes ?
Avez-vous déjà essayé de mesurer le PIB d’un pays avec des pommes ?

Ceci est un article paru sur Numérama il y a une semaine (vendredi 26 février 2016) présentant mes cartes, dans lesquelles je compare les PIB des pays du monde aux bénéfices annuels d’Apple. Il y a cinq cartes couvrant l’ensemble du monde. Ci-dessous je rajoute quatre cartes nationales non publiées sur Numérama : les États-Unis, la Chine et l’Inde et la France. À mon sens, elles sont moins impressionnantes que celles affichés sur Numérama.

Vous voyez maintenant la taille de l’entité contre laquelle se bat le FBI pour mettre des backdoors dans ses iPhones ! (#AppleVsFBI)

Note importante : oui, on parle bien des bénéfices. Pas la capitalisation boursière, pas le chiffre d’affaire, mais les bénéfices. Je précise parce que beaucoup de monde a eu du mal à y croire. Parce qu’il y a des pays en Europe dont le PIB vaut un dixième des bénéfices annuels du fabricant de votre téléphone. Vous avez bien lu. Oui oui.

PIB nominal pommes US
La Californie pèse 45 pommes, rien que ça.
PIB nominal pommes Chine
Remarquez la disparité entre le Tibet (plus éventuellement le Qinhai) et le reste du pays.
Remarquez le Karnataka (sud-est). C'est la province de la ville hi-tech de Bangalore. Bangalore, qui ne pèse probablement pas beaucoup face à la firme à la pomme.
Remarquez le Karnataka (sud-est, 2,1 pommes). C’est la province de la ville hi-tech de Bangalore. Bangalore, qui ne pèse probablement pas beaucoup plus que la firme à la pomme.
PIB nominal pommes France
À tous ceux qui vivent dans une région valant moins d’une pomme : ne le prenez pas trop mal.

 

Pour sauver son économie, Riyad devrait… envahir le Qatar

Le gisement de pétrole d'El Sharara, Libye
Le gisement de pétrole d’El Sharara, Libye – par Javier Blas, Creative Commons

English-language article: To save its economy, Saudi should… invade Qatar

L’Arabie saoudite et le Qatar ont des relations difficiles. Lors d’une crise diplomatique au printemps dernier, Riyad a rappelé son ambassadeur de Doha et exigé de la petite péninsule qu’elle coupe les ponts avec les Frères musulmans (ennemis des Saoudiens) et qu’elle ferme ou rappelle à l’ordre Al Jazeera, sous peine de blocus maritime (ce qui équivaudrait à une invasion). Mais si le royaume a des tensions avec la terre oubliée de Dieu, ce n’est peut-être pas uniquement à cause d’une confrérie islamiste et d’une chaîne de télévision.

L’économie saoudienne dépend très largement du pétrole. Au début, quand on perce une poche de pétrole, la pression y est suffisante pour que le précieux liquide remonte tout seul à la surface. Mais quand les réserves baissent, la pression baisse aussi et cela ne suffit plus. Il faut injecter du gaz naturel pour pousser l’or noir et le récupérer. La quantité de gaz nécessaire est telle qu’il n’est pas rentable de l’importer ; il faut le trouver sur place. La plupart du temps, le pays producteur de pétrole possède aussi les réserves en gaz nécessaires. Les Saoudiens regrettent maintenant d’avoir fait brûler tout le gaz qui sortait de leurs puits de pétrole, au lieu de le réutiliser. Mais malgré les prospections dans le Quartier vide, au sud-est désertique du pays, ils n’ont pas découvert de gisement notable de gaz. Même s’ils en découvraient, ce serait trop loin des puits de pétroles (dans la région de Dammam, sur le Golfe persique) pour être rentable. Si Riyad ne trouve pas rapidement du gaz près de ses puits, elle ne pourra plus extraire de pétrole et son économie s’effondrera.

Juste à côté des puits de pétrole saoudiens se trouve le Qatar, le troisième exportateur mondial de gaz naturel. Il détient, avec l’Iran, une bonne partie du North Field / South Pars, le plus gros gisement de gaz naturel au monde. L’émirat est constitué d’une petite péninsule de la taille de l’Île-de-France, désertique et défendue par peu de troupes (si l’on exclut la base américaine d’Al-Udeid, la plus grande de la région).

Enfin, Vladimir Poutine a montré il y a quelques mois que, si on le souhaite, on peut annexer la petite péninsule d’à côté, en l’occurrence la Crimée. L’Arabie saoudite pourrait donc suivre son exemple et avoir envie d’annexer sa propre petite péninsule d’à côté.


Contre-argument : Washington était précédemment allié à la fois avec l’émirat et le royaume wahhabite, mais ses relations avec Riyad se sont récemment détériorées au profit de celles avec Doha. Si l’armée saoudienne en venait à envahir le Qatar, les Américains interviendraient probablement, d’autant plus qu’ils possèdent une grande base sur la petite péninsule.


Source : « Saudi Arabia on the Edge » par Thomas W. Lippman, pp. 58-60