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« Satirical cartoons explained to morons » (Charlie Hebdo)

A Charlie Hebdo cartoon depicting drowned Syrian child refugee Alan Kurdî as a sex offender sparked recent uproar. Another controversial cartoon published in September 2015, also representing little Alan, prompted a full-page response from Luz, then a Charlie cartoonist. Here is a (rather awkward) translation.

Luz translation
Click to enlarge. I’m a terrible French-English translator. Please do not punch me.

Pour les francophones

La version orginale est ci-dessous.

Le dessin satirique expliqué aux cons

Non, Dilem ne dessine pas pour Charlie !

Une caricature d’un certain Dilem, décrit comme un dessinateur de Charlie Hebdo, circule sur le Web accompagnée de commentaires décriant le racisme supposé du dessin :

Dilem 19 avril
Paru le 19 avril 2015 (n°6899 de Liberté Algérie)

Bon, déjà, Dilem ne travaille pas à Charlie Hebdo : il est algérien et dessine pour le journal Liberté. Ensuite, il n’a pas l’air très raciste vu qu’il décrie par ailleurs la politique européenne sur l’immigration :

Dilem 20 avril
Paru le 20 avril (n°6900). Le personnage féminin est la célébrité Nabilla Benattia, Française d’origine algérienne.

D’autres dessins de Dilem

Tous les dessins de Dilem sont consultables sur le site du journal Liberté. Vous constaterez une certaine prédilection pour le président algérien Abdelaziz Bouteflika…

Dilem 23 avril 6903
23 avril 2015 – n°6903
Dilem 21 avril 6901
21 avril 2015 – n°6901
Dilem 18 avril 6898
18 avril 2015 – n°6898
Dilem 15 avril 6896
15 avril 2015 – n°6896
Dilem 13 avril 6894
13 avril 2015 – n°6894
Dilem 12 avril 6893
12 avril 2015 – n°6893
Dilem 11 avril 6892
11 avril 2015 – n°6892. L’ENTV est la télévision nationale algérienne.
Dilem 9 avril 6891
9 avril 2015 – n°6891
Dilem 4 avril 6886
4 avril 2015 – n°6886
Dilem 2 avril 6885
2 avril 2015 – n°6885. Remarquez que ce dessin aurait été qualifié de raciste s’il n’avait pas été réalisé par un Algérien.
Dilem 1 avril 6884
(Poisson avion du) 1er avril 2015 – n°6884
Dilem 31 mars 6883
31 mars 2015 – n°6883
Dilem 30 mars 6882
30 mars 2015 – n°6882
Dilem 29 mars 6881
29 mars 2015 – n°6881

Une actu toute en nuances

Décharge de responsabilité vis-à-vis des horreurs que je vais suggérer dans le billet qui va suivre

Les journalistes sont comme des historiens conjugués au présent, comme disait Rap News (voir leur épisode ici). Il est de leur devoir de capter l’air du temps en scrutant l’actualité et en établissant des liens entre divers événements. Il est aussi du devoir des journalistes de faire passer les faits avant le politiquement correct, et de raconter les événements même si cela dérange. De plus, nous sommes tous Charlie maintenant, et Charlie avait quand même l’esprit bien mal tourné.

Le billet

      1. D’abord, Charlie et son humour potache ont occupé l’actualité mondiale pendant un certain temps.
      2. Puis il y a eu le bloggeur saoudien Raef Badawi, menotté, attaché et fouetté en public pour avoir, comme Charlie, usé de sa liberté d’expression.
      3. Puis le pape François encourageant la fessée.
      4. Puis l’affaire DSK, ses nombreux détails salaces, et la presse qui en rajoute avec des calembours osés (vu qu’on est tous Charlie maintenant…)
      5. Et devinez quel est le film dont tout le monde parle et qui est sorti ce samedi, pour la St-Valentin ?

Et tout ça en l’espace d’un mois !

Un brumeux jour de Noël

St-Barbara
Église copte St-Barbara au Caire. – Daniel Mayer

Nous sommes Noël dernier. Le Noël copte, je précise. À 7 heures, la télévision s’allume sur le journal de France 24, comme elle est programmée pour le faire. Je trouve qu’il n’y a rien de mieux pour se réveiller que le son de l’actualité, mais bon, tout le monde sait que je suis une fille bizarre.

Nous sommes mercredi. J’ai deux cours successifs sur l’Asie centrale, de 12h à 15h. J’y assiste en auditrice libre. L’école est à dix minutes à pied de mon appartement.

Aujourd’hui, j’oublie de prendre le petit-déjeuner. Ça ne m’arrive jamais, car je survis difficilement sans. Je bois juste un verre d’eau et je me dis qu’il faut que j’achète le Canard enchaîné. Les caricatures du Palmipède me manquent.

Je ne cherche pas le journal tous les jours, et quand je l’achète c’est presque toujours vers midi, sur le chemin de la fac. Je ne sors jamais le matin sauf raison impérative. Ce matin, je ne sais pas pourquoi, je pars acheter le journal, ce que je ne fais jamais en ce moment de la journée.

Dehors, ce qui n’était encore jamais arrivé depuis mon déménagement à Paris, les rues sont arpentées par des nuages. Tout est blanc comme un matin en Normandie. Les hauts immeubles et les rues étroites ressortent étrangement sous le brouillard. Le bureau de tabac est deux rues plus loin. En entrant, je souhaite un joyeux Noël au buraliste. C’est un Égyptien copte. J’achète Libération, qui fait sa une sur la grève des infirmières, ainsi que le Canard enchaîné du jour.

Le jour de sa parution, je ne lis pas très sérieusement le Palmipède. Généralement, je regarde les calembours dans les gros titres, les dessins, surtout les aventures du Beauf, et la rubrique « Coup de barre » qui délivre chaque semaine un moment choisi d’audience dans les tribunaux.

Je préfère manger tôt, d’autant plus que j’ai oublié le petit-déjeuner. Vu que j’ai cours à 12h, je me prépare des nouilles pour 11h. Aujourd’hui, ce que je ne fais jamais, j’ai décidé d’être sérieuse en cours : je n’emporterai ni mon smartphone, ni ma montre. J’emporterai juste Libé, ce que je ne fais jamais. Le téléviseur est éteint, le smartphone dort paisiblement dans le placard.

J’arrive devant l’école à 11h55. Ce brouillard fait bizarre. Devant la porte de l’établissement, là où les étudiants peuvent discuter autour d’une cigarette, il y a une atmosphère étrange. Un étudiant encagoulé sort de l’école en se frayant un chemin entre les filles en jilbab.

Je monte à pied au troisième étage. Il n’y a personne dans la petite salle de cours. Une camarade de classe arrive en même temps que moi. On entre. Les autres arrivent. Je lis mon Libé. En tant qu’auditrice libre, je ne vois les étudiants de cette classe nulle part ailleurs et je les connais mal. Celle qui était arrivée en même temps que moi est militaire. Elle dit à une autre étudiante que l’Afghanistan, c’est pas si horrible que ça. La prof arrive et fait son cours.

Le bâtiment est nettement plus vide qu’avant les vacances. Le premier cours finit à 13h30. Après une pause, le second cours commence au sixième étage. Arrivée là-haut, je revois la militaire. Elle discute avec d’autres étudiants du plan Vigipirate et de gars armés qui circuleraient dans Paris après avoir fait une fusillade quelque part.


La journée était déjà assez inhabituelle..


On dit que les journalistes moyens cherchent l’information, mais que quand des journalistes sont vraiment bons, c’est l’information qui vient à eux.

Le jour de Noël 2015, l’information est venue frapper à la porte d’une rédaction rue Nicolas Appert.