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Récit de deux visites à l’ambassade du Pakistan (partie 2)

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L’ambassadeur Moin-ul-Haque (centre) avec le député François Pupponi et divers dignitaires chrétiens. Source : site de l’ambassade

Dans la première partie, nous étions allés en classe voir Monsieur l’Ambassadeur du Pakistan. Ici, nous irons au repas de Noël organisé à l’ambassade avec les chrétiens du Pakistan, et mon smartlapin décrochera une interview en exclusivité française !

Deuxième visite : samedi 17 décembre

Rendez-vous à 18h à l’ambassade. L’occasion étant moins officielle, j’avais gardé mon foulard sur les épaules. Le portique d’entrée a été sorti sur le trottoir, des barrières métalliques ont été mises, la porte est grande ouverte. L’ambassade est bondée, l’ambiance est festive, les dames ont mis leurs plus beaux shalwâr kameez (tunique et pantalon) et laissesnt tomber leurs dupattâ (voile) le long de leur corps, le tout recouvert de paillettes. J’aurais presque dû m’acheter une tenue pakistanaise pour l’occasion.

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Je retrouve deux camarades de classe, mais la plupart d’entre eux ne sont pas encore arrivés. Nous patientons en buvant des jus de fruit, pendant que les divers photographes nous mitraillent pour une raison indéterminée. Puis vient le temps des discours. L’estrade arbore les micros de quelques-unes des nombreuses chaînes d’info pakistanaises. On se croirait presque au pays.

À soirée de Noël, chants de Noël.

Arrive ensuite un invité de marque : François Pupponi, maire de Sarcelles (et accessoirement successeur de DSK), député du Val-d’Oise et président du Groupe d’amitité franco-pakistanaise à l’Assemblée nationale.

Petit speech de l’ambassadeur Moin-ul-Haque.

Et enfin, le découpage du gâteau !

Et bien sûr, des cadeaux pour les enfants.

Les formalités terminées, nous nous mettons avec les quelques équipes de télé pakistanaises et interviewons, en probable exclusivité française, le député Pupponi sur sa future visite au Pakistan au nom de l’Assemblée nationale, en février 2017 (la première visite officielle française depuis une décennie).

Fiers de ce scoop, nous passons au buffet et allons manger dans la cour. C’est bon, quoique bien épicé.

Récit de deux visites à l’ambassade du Pakistan (partie 1)

Après cinq mois d’absence, le site à oreilles de lapin est de retour ! Toutes les excuses du smartlapin pour ce petit contre-temps :-)

Photo de famille avec l'ambassadeur Moin-ul-Haque.
Photo de famille avec l’ambassadeur Moin-ul-Haque. Source : site de l’ambassade

Voici le récit de deux visites faites dans le cadre de la classe d’ourdou de l’Inalco, le vendredi 16 et le samedi 17 à l’ambassade du Pakistan. Cette première partie raconte notre rendez-vous devant l’ambassadeur, où je me suis retrouvée par surprise à chanter devant Son Excellence une chanson classique ourdoue que je n’avais pas pratiquée depuis des mois et des mois.

Dans la deuxième partie, vous découvrirez, en exclusivité française, l’interview du député-maire PS de Sarcelles, François Pupponi, président du groupe d’amitié franco-pakistanaise et qui effectuera en février 2017 la première visite officielle française au Pakistan depuis une décennie.

Première visite : vendredi 16 décembre

Visite de classe à l’ambassade du Pakistan. Nous nous donnons rendez-vous à 14h à l’Inalco (XIIIè arrondissement). C’est ainsi qu’une dizaine de personnes des classes de L1 et L2 d’ourdou (aucun L3 n’ayant pu venir) se rendent vers la station Bibliothèque François-Mitterand, accompagnées de leur professeure Sameena Aslam (Niazi). Celle-ci prendra un avion pour le Pakistan directement après la visite, et nous portons donc grâcieusement son énorme valise rouge.

Ligne 14. Nous changeons à Châtelet pour prendre le RER A, et manquons de nous perdre les uns les autres. Nous descendons à Place de l’Étoile. L’ambassade la plus évidente est celle du Qatar, probablement une des mieux placées au monde ; celle du Pakistan est cachée dans une ruelle, quelques centaines de mètres plus loin.

J’ajuste sur ma tête un foulard bleu totalement non obligatoire (notre professeure n’en a pas, pas plus que les femmes que nous verrons dans l’ambassade). À l’entrée, nous passons un simple portique. Aucune fouille. L’intérieur est dans le style assez kitsch auquel on peut s’attendre en regardant les façades du quartier. Dans la salle à côté, le personnel s’active à décorer le sapin de Noël pour la soirée suivante, et nous en remet les invitations. Nous sommes amenés au salon des ambassadeurs, à l’étage. L’ambiance est détendue, les conversations se font essentiellement en anglais.

Il y a de petits avions de chasse partout.
Il y a de petits avions de chasse partout.

Après l’arrivée de quelques étudiants retardataires, nous entrons dans le bureau de l’ambassadeur. Son Excellence Moin-ul-Haque a pris ses fonctions cet été 2016. Après quelques discussions en anglais et ourdou entre M. l’Ambassadeur et Mme Aslam, chacun est invité à se présenter. (Pendant les présentations arrivent deux retardataires supplémentaires, deux étudiants d’une non-ponctualité éternelle mais que tout le monde adore). Nous recevons du thé et des biscuits.

Au moment des questions, deux étudiants s’enquérissent de la possibilité de faire un voyage au Pakistan, chose que les institutions déconseillent par peur du terrorisme. (On serait tentés de dire que Paris n’est pas non plus une ville extrêmement sûre point de vue terrorisme ; et puis c’est bien connu, le plus grand risque au Pakistan s’encourt au moment de traverser la rue…). Personnellement, je demande des informations sur la scène tech pakistanaise, qui compte plusieurs centaines de startups.

Et c’est là que notre professeure me demande de chanter.

Lors de mes présentations, Mme Aslam avait déjà évoqué mes capacités vocales, et notamment un ghazal (poème d’amour classique) que j’avais chanté l’année précédente à la fête du département Asie du Sud de l’Inalco. En l’occurrence, c’est « Ae ishq hamein barbâd nâ kar » (ô amour, ne me détruis pas) dont voici la version de Nayyara Noor. Seulement, je n’avais pas chanté cette chanson depuis ladite fête, c’est-à-dire pendant presque un an. Mes yeux font des allez-retours entre ma professeure et Son Excellence. Ce genre de moments est trop surréaliste pour laisser le temps d’être terrifié. Je demande (en anglais, étant trop dans l’urgence pour faire des phrases ourdoues) à lire les paroles sur Internet ; je ne me souvenais que du refrain et du premier couplet. Je chante entièrement le ghazal, assez tendue sur le moment au sujet de la qualité de ma propre performance.

Pendant que notre professeure reste discuter avec Son Excellence, nous sortons et revenons dans le salon des ambassadeurs. Nous nous lâchons un peu (un étudiant d’origine indo-pakistano-quelque chose clame haut et fort qu’il demandera l’asile en Suède en cas d’élection de Marine le Pen), bavardons bruyamment et prenons des selfies à droite à gauche.

Vient finalement le temps de la photo de famille. Nous descendons sur les marches et nous plaçons derrière l’ambassadeur. Au moment de lui serrer la main, il me… tapote la tête ?! Ça a l’air plutôt bon signe.

C’est ainsi qu’après avoir noté nos coordonnées dans un carnet passant aléatoirement de mains en mains, nous sortons et nous rendons au pied de l’Arc de triomphe. Nous disons au revoir à notre professeure, qui part direction l’aéroport. Les L1 rentrent à l’Inalco pour assister à un cours. Nous, six filles de L2, décidons de passer la fin de l’après-midi au Séphora des Champs-Élysées. Un peu de sérieux, quand même.

Lien sur le site de l’ambassade du Pakistan : « Inalco Students meet the Ambassador »

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Dans le bureau de l’ambassadeur. Source : site de l’ambassade

Dans le plus grand mall du Moyen-Orient (voire du monde)

(7 juillet 2016, 16h27)
Reine des neiges, Minions, Angry Birds : de quoi faire craquer des Iraniens de tous âges… (7 juillet 2016, 16h27)

« Où se trouve le plus grand mall du Moyen-Orient ? » lance notre accompagnateur iranien, zigzaguant dans la circulation au volant de son Iran Khodro toute blanche. « À Dubaï ? Non ! À Riyadh ? Non ! À Koweït ? Non ! Il est à Shiraz ! »

Inauguré en 2012, le Persian Gulf Complex se dresse dans le désert de la province de Perse (فارس Fârs), près de la route qui mène vers l’ouest de l’Iran. Il se trouve juste au nord de la capitale de la province : Shiraz (شیراز Shirâz), ville « de la poésie, des roses et des rossignols », verte et très étalée, une des villes les plus influentes de l’Iran. Techniquement, l’Isfahan City Center est légèrement plus grand. Peut-être du fait de la rivalité ancestrale entre Shiraz et l’autre ville influente qu’est Ispahan (اصفهان Esfahân), notre accompagnateur shirazi préfère éluder cette différence de surface. De toute façon, du haut de ses 2500 emplacements de magasins, le Persian Gulf Complex bat à plate couture tous les autres centres commerciaux de la planète.

L'extérieur du Persian Gulf Complex est inspiré des colonnes de la ville achéménide de Persépolis (Takht-e Jamshid), située quelques dizaines de kilomètres plus au nord.
L’extérieur du Persian Gulf Complex est inspiré des colonnes de la cité achéménide de Persépolis (تخت جمشید Takht-e Jamshid), dont les ruines se trouvent quelques dizaines de kilomètres plus au nord. (7 juillet 2016, 17h21)

Une fois garés dans un des quatre étages du parking souterrain — gratuit en ce qui nous concerne — nous entrons dans le centre commercial à proprement parler. Les premières choses que nous voyons sont des boutiques pour enfants.

(7 juillet 2016, 16h26)
Une boutique Hello Kitty, annonçant un rabais de 30 % à l’occasion de la fête de ‘Eid-e Fetr (عید فطر) de fin du Ramadan. Mis à part quelques affiches, l’Eid passe globalement inaperçu à Shiraz. (7 juillet 2016, 16h26)

Il y a un peu de monde. Au milieu des allées se vendent des ballons en forme de Minions ou encore des coques de téléphones.

(7 juillet 2016, 17h10)
Des coques à oreilles de lapin ! (7 juillet 2016, 17h10)

Plus loin s’illuminent de nombreuses boutiques de vêtements. En faisant abstraction des étalages de foulards et de l’abondante contrefaçon, on se croirait dans n’importe quel centre commercial occidental. On pourrait en dire de même de la plupart des malls iraniens, d’ailleurs.

(7 juillet 2016, 17h06)
Bien des marques présentées ici sont issues de contrebande entre les États de la rive arabe du Golfe et la province iranienne de Hormozgân, au niveau du détroit d’Ormouz. Notez le mannequin féminin habillé de manière assez peu islamique. (7 juillet 2016, 17h06)
(7 juillet 2016, 16h51)
En Iran, les cravates seraient semble-t-il un symbole croisé et une marque de la décadence occidentale. Ce qui n’empêche personne d’en vendre et d’en porter. (7 juillet 2016, 16h51)

Sur deux étages s’étend le supermarché Hyperstar, déclinaison locale de Carrefour.

(7 juillet 2016, 16h38)
Un supermarché en somme toute très habituel. (7 juillet 2016, 16h38)
Un air de ressemblance avec les supermarchés allemands ? (7 juillet 2016, 16h34)
Un air de ressemblance avec les supermarchés allemands ? (7 juillet 2016, 16h34)

Entre le mini-parc d’attraction et les fontaines multicolores, les enfants ont de quoi s’amuser.

(7 juillet 2016, 16h50)
Les fontaines sont assez impressionnantes en version animée. Notez le dinosaure ! (7 juillet 2016, 16h50)

Mais dès lors qu’on s’éloigne du rez-de-chaussé et du coeur du mall, l’ambiance prend une teinte étrange. La plus grande partie du centre commercial est vide, sombre, dénuée de toute activité. Alors que les grands malls perdent de leur popularité à travers le monde, l’excentré Persian Gulf Complex souffre de la concurrence de centres commerciaux de taille plus modeste, ainsi que des innombrables boutiques qui bourdonnent au centre-ville.

(7 juillet 2016, 17h04)
Une boutique Tati va ouvrir au fond du mall. Espère-t-on attirer clients et magasins sur le chemin inerte menant à l’enseigne ? (7 juillet 2016, 17h04)
Entre les deux étages du supermarché Hyperstar (), on aperçoit les faubourgs nord de Shiraz. (7 juillet 2016, 16h39)
Entre les deux étages du supermarché Hyperstar (هایپرستار Hâyperstâr), on aperçoit les faubourgs nord de Shiraz. (7 juillet 2016, 16h39)

Bienvenue au pays d’Inwi, Méditel et Maroc Télécom

Telecom people
Les gens des télécoms, remplissant l’atmosphère du nom de leurs entreprises respectives. Cliquez sur l’image et remarquez au fond que les deux employés de ‘Ttisalat et d’Inwi ont l’air de bien s’aimer (place Moulay el Mehdi, Tétouan, 29 juin 2016, 15h15)

Au Maroc, les opérateurs télécoms sont omniprésents. Ils sont trois ; leurs enseignes et logos parsèment les rues, leurs publicités remplissent une partie considérable des annonces (que ce soit sur des panneaux d’affichage, à la télé ou à la radio) et surtout, leurs vaillants employés scandent leur nom à chaque coin de rue dans leurs habits aux couleurs instantanément reconnaissables.

Sur 28 panneaux publicitaires aperçus entre Tétouan et la ville balnéaire de Martil (extrême nord du pays), 17 concernaient les entreprises de télécommunication, soit plus des deux tiers. À Casablanca, la proportion est moins astronomique, tout en restant bien plus importante qu’en France.

Les trois opérateurs, par ordre de parts de marché

Maroc Télécom (Ittisalat al-Maghrib اتصلات المغرب / ‘Ttisalat)
Téléboutique Maroc Télécoms au centre-ville de Tétouan
Téléboutique تيلي بوتيك de Maroc Télécom au centre-ville de Tétouan (30 juin 2016, 17h46)

L’opérateur historique, né en 1998 mais dont les origines remontent au règne du roi Hassan II. Rabat ne détient aujourd’hui plus qu’un tiers de ses parts, le reste appartenant à un puissant conglomérat émirati. Il est également passé entre les mains du groupe français Vivendi. Sa couleur est l’orange, bien que son logo soit sur fond bleu. Son slogan est عالم جديد يناديكم ˤālamun jadīd yunādīkum ou « un monde nouveau vous appelle » en arabe standard.

Méditel مديتيل
Quartier général de Méditel dans le quartier d'Ayn Diab, à Casablanca
Siège de Méditel dans le quartier d’Ain Diab, à Casablanca (18 juin 2016, 13h42)

Le deuxième opérateur, qui a décroché sa licence en 1999. Son slogan est ديما راحتك dīmā rāħtek, qui en darija marocain (le dialecte local) signifie « toujours [pour] votre confort ». Bien que sa couleur soit le rouge, il est aujourd’hui entre les mains de l’opérateur français Orange, qui souhaite harmoniser la marque (et la couleur…) d’ici à la fin de l’année 2016. On conviendra que cela pourrait poser quelques problèmes.

Inwi
Inwi
Boutique Inwi dans le quartier d’Ain Diab, à Casablanca (18 juin 2016, 14h02)

Le nom Inwi remonte à 1996 ; c’est semble-t-il un acronyme, mais il se trouve signifier « aie un but, aie de la volonté pour l’atteindre » en arabe (إنوِ / إنوي inwi/inwī, impératif masc/fém du verbe نوى nawā) et « incroyable » (inouï) en français. L’entreprise a eu une vie très mouvementée, passant par les noms de Wanadoo Maroc et de Wana, et a ressuscité sous la marque actuelle en 2010. Sa couleur est le violet. Son slogan est معاكم كل يوم mˤākum kul yom, qu’ils retranscrivent « m3akoum koul yom » et qui signifie « avec vous tous les jours » en darija.

Les soldats des télécoms

Ce sont quasiment tous des hommes, portant tous les mêmes tee-shirt, casquette et sacoche ; seules changent les couleurs de leur employeur, très vives et visibles de loin. Ils s’agglutinent aux mêmes endroits en centre-ville, arrivant progressivement à partir de la fin de matinée, partant pour la rupture du jeûne et revenant jusqu’à tard dans la nuit. Ils crient le nom de leur entreprise du matin à minuit, faisant résonner les rues et les fenêtres environnantes de « Inwi Inwi Inwi » et de « ‘Ttsalat ‘Ttsalat » (les gens de Méditel préférant se taire). Dans leurs sacoches se trouvent des cartes SIM qu’ils vendent à qui le souhaite. Il est rare qu’ils les tendent aux passants comme on distribue des tracts ; de fait, ils laissent les gens très tranquilles. Loin de se regarder en chien de faïence, les factionnaires adverses sympathisent, s’amusent entre eux, s’échangent leurs numéros de téléphone, se taquinent et se font même des câlins en public.

Telecom 2

Le tarif en vigueur est de 50 Dh (environs 5€) pour 5 Go d’internet sur 1 mois. Par contre, il faudra vous munir d’un VPN pour passer un appel WhatsApp ou Skype : les services de VoIP sont bloqués depuis quelques mois par des opérateurs prétextant une concurrence déloyale. Ce qui n’empêche pas les employés d’Inwi d’arborer un logo WhatsApp sur leur uniforme.

The true face of Iran

I’ll show a (tiny) bunch of pics my smart-bunny took in Iran & which are in line with many Westerners’ expectations from that country. Then I’ll throw in a photo that sums up the whole Islamic Republic as it actually is. Alright with it? So let’s go!

What the Islamic Republic looks like from the West

Tehran Railway Station (August 5th, 2015, 22h20), with both Supreme Guides' pictures on it.
The Tehran Railway Station (August 5th, 2015, 10:20 pm), with both Supreme Guides’ pictures on it.
Nucl... I mean thermic power plant on the road between Isfahan and Kashan (July 31th, 2015, 11:01 am)
Nucl– I mean thermal power plant on the highway between Isfahan and Kashan (July 31th, 2015, 11:01 am)
One of the posters promoting nuclear energy in the Mahan shrine (Kerman province) (July 23rd, 2015, 11:39 am)
One of the posters promoting nuclear energy in the Ne’matollah Vali shrine (Mahan, Kerman province) (July 23rd, 2015, 11:39 am).
Police keeping an eye on drivers on the highway between Kashan and Isfahan (31 July, 2015, 11h44). Security forces are actually a rare sight in most urban areas.
Police keeping an eye on drivers on the highway between Isfahan and Kashan (31 July, 2015, 11:44 am). Law enforcement are actually a rare sight in most urban areas.
Inside the Emâm-Rezâ shrine in Mashhad (Razavi Khorasan province) (August 3rd, 9:32 am)
Inside the Imam Rezâ shrine in Mashhad (Razavi Khorasan province) (August 3rd, 2015, 9:32 am)
In the streets of Mashhad (August 2nd, 9:39 pm). The couple are clearly Arab (Gulf?) pilgrims.
In the streets of Mashhad (August 2nd, 2015, 9:39 pm). The couple are clearly Arab (Gulf?) pilgrims.

What the Islamic Republic actually is, in one pic

This is a birthday cake legally bought from a bakery. Courtesy of an Iranian friend in Shiraz (Fars/Persia province) (February 27th, 2016)
This is a birthday cake legally bought from a bakery. Courtesy of an Iranian friend in Shiraz (Fars/Persia province) (February 27th, 2016)

Read more bunny-eared posts about this seemingly Angry-Birds-pig-crazed Islamic Republic (in French):

Vous ne devinerez jamais d’où venaient les bruits bizarres dans la mosquée

31 juillet 18h45 - mosquée de Kashan
La mosquée Âqâ Bozorg à Kashan. (31 juillet 2015, 18h45)

Le 31 juillet 2015, nous visitions cette magnifique mosquée à Kashan, la capitale iranienne de l’eau de rose, entre Téhéran et Ispahan. Les mosquées iraniennes sont souvent vides. Une fois, nous étions rentrés dans une grande mosquée sur la place de l’émir Tchakhmâq, en plein cœur de la « très conservatrice » ville de Yazd, à l’heure de la prière du soir. Il n’y avait qu’une trentaine d’hommes (aucune femme n’ayant jugé intéressant d’aller prier), dont un nombre conséquent d’immigrés pakistanais ou afghans. Plus généralement, la principale fonction pratique de la mosquée est de servir de toilettes publiques. Le mausolée de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, sur l’autoroute allant de Téhéran vers les villes du sud, est réputé pour son nombre considérable de lieux d’aisance. Bref, retournons à Kashan.

"Ceci est une mosquée"... placardé partout, et en persan ?!
« Ceci est une mosquée »… placardé partout, et en persan ?! (18h45)

C’est bizarre, il y a des pancartes des deux côtés de l’entrée indiquant en persan (!) « این محل مسجد است (in mahall masjed ast)« , « ceci est une mosquée ». Ces messages sont forcément destinés aux Iraniens, vu que les touristes ne peuvent pas les lire ! Mais ça se voit que c’est une mosquée ! Et pourtant, nous allions bientôt constater, à notre grande étonnement, l’utilité de ces affiches.

31 juillet 18h46 - cour de la mosquée
Une belle cour. Quelques personnes. Et toujours l’affiche « ceci est une mosquée » dans le fond. (18h46)
31 juillet 18h49
Vue depuis le fond de la cour, en regardant vers l’entrée. (18h49)

C’est là qu’on commence à entendre des bruits bizarres venant du fond de la mosquée… Seraient-ce des gamins qui jouent au foot à côté du lieu de culte ?

"Ceci. Est. Une. Mosquée." (fond de la mosquée, après la cour)
« Ceci. Est. Une. Mosquée. » (fond de la mosquée, après la cour) (18h48)
À l'intérieur, après la cour.
À l’intérieur, après la cour, en regardant vers le fond de la mosquée. (18h50)

Il y a une mini-cour tout au fond. Va-t-on se risquer à découvrir ce qui s’y cache et d’où vient ce tapage étrange ?

Surprise !!!
Surprise !!! (18h51)

Ils jouent au voleyball dans la mosquée ! (et ne sont pas du tout dérangés par le fait qu’on les prenne en photo)

31 juillet 18h52 - joueurs de volley dans la mosquée de Kashan
Remarquez la moto garée. Oui, on l’a garée dans la mosquée. (18h52)

Fluctuat nec mergitur (photoreportage en baskets)

Battu par les flots mais ne coule pas. (place de la République, 8h35)
« Battu par les flots mais ne coule pas », la devise latine de Paris. — (place de la République, 8h35)

Ce matin, dimanche 15 novembre, j’ai pris mes baskets avec la ferme intention de courir jusqu’à la place de la République pour voir les hommages aux 129 victimes (à l’heure où j’écris cet article) des attentats du vendredi 13 novembre. Un aller-retour fait 11 km. Je n’ai jamais couru plus de 8 km, j’ai commencé la course à pied il y a un mois et j’ai mal au ventre depuis quelques jours. Je sors de chez moi, dans le sud-est du XIIIè arrondissement, vers 7h50.

Aucun bruit. Pas de voitures, personne dans les rues. D’ordinaire, la rue de Tolbiac a une circulation si continue qu’elle est très difficile à traverser pour un piéton, y compris tôt le matin. Même le week-end il y a quelques voitures. Même le week-end il y a des gens qui promènent leur chien, font leur jogging, achètent le pain et le journal. Là, on ne voit qu’un bus ou deux, un taxi ou deux. Pas de passants. Pareil sur l’avenue de France. Un silence irréel.

7h56 - avenue de France
Avenue de France (7h56)

On entend le moteur d’une voiture électrique à 500 m. Puis, près de la Seine, soudain, les cris des mouettes emplissent l’air. En fermant les yeux, on pourrait se croire sur la plage. En les rouvrant pour contempler la ville fantôme, cela ressemble plus à un monde post-apocalyptique.

Bercy vu du Quai de la Gare (8h03)
Bercy vu du quai de la Gare (8h03)
La station Quai de la Gare (ligne 6) (8h03)
La station Quai de la Gare (ligne 6) (8h03)

En passant le pont Charles de Gaulle qui joint la gare d’Austerlitz à celle de Lyon, on retrouve un peu de civilisation. Pas mal de voitures sur les quais de Seine du XIIè arrondissement. Les berges du bassin de l’Arsenal sont certes désertes, mais la place de la Bastille commence à être un tantinet bruyante.

Place de la Bastille (8h18)
Place de la Bastille (8h18)

Plus on se rapproche des sites de l’attentat, plus on voit de passants, plus on entend de véhicules. En remontant le boulevard Beaumarchais, je sens mon estomac manifester malgré l’interdiction décrétée sur toute l’Île-de-France. En voyant enfin la place de la République, je suis contente, bien que j’aie envie de vomir et que je me demande comment j’arriverai à rentrer chez moi, sachant que je n’ai ni argent ni ticket de bus.

La place de la République depuis le boulevard Beaumarchais (8h30)
La place de la République depuis le boulevard Beaumarchais (8h30)

Ici il y a du monde, des voitures, des fourgons satellite et des surtout beaucoup de  journalistes. Peu de forces de l’ordre. Des gens allument des bougies, regardent ou prennent des photos.

Place de la République (8h34)
Place de la République, beaucoup d’équipes de télé, la plupart étrangères (8h34)
La statue de la République (8h45)
La statue de la République (8h45)
8h40 - Charlie
Unes de Charlie Hebdo sous le Lion de la République (8h40)
8h37 - Hommages république
À gauche, on distingue le dessin Tour Eiffel / Peace & Love, avec les mentions « Peace for Paris » et « Je suis Charlie » (8h37)
8h38 - Beyrouth
En arabe, سلام (salâm), « Paix » (8h38)

Ce quart d’heure de repos calme mon ventre. Je cours vers un des sites des attentats, au croisement des rues Bichat et Alibert. C’est à 700 m.

Le sud de la rue Bichat (8h53)
La partie sud de la rue Bichat (8h53)

Au premier abord, la rue Bichat apparaît comme n’importe quelle rue du quartier. Mais en y entrant, je m’aperçois que je n’entends plus que le bruit de mes pas. Comment l’endroit peut-il être si silencieux avec autant d’animation dans le reste des environs ?

Le restaurant Le Petit Cambodge et l'hôtel-restaurant Le Carillon, entre les rues Alibert et Bichat (8h57)
Les restaurants Le Petit Cambodge et Le Carillon, entre les rues Alibert et Bichat (8h57)

Des gens sont là, se recueillent, il y a des reporters étrangers aussi. Il y a une odeur très bizarre, que je n’ai jamais sentie de ma vie. On dirait une vague effluve de sang mélangée à celle de viande pas fraîche, bien que je ne puisse en dire plus. C’est léger et désagréable ; mon estomac n’apprécie pas particulièrement.

9h00 - wa lillahi
Inscription en arabe : « والله هذا ظلم وحرام » (wa llâhi hadhâ zulm wa harâm) « Par Dieu, c’est un outrage et un péché » (9h00)
9h05 - happy hours
On voit encore « Happy Hours » inscrit à la craie sur la devanture du Carillon (9h05)
Une caméra de télévision filme (9h04)
La caméra d’un JRI filme (9h04)

Ensuite, je reviens sur mes pas et me mets en quête du Bataclan, où la prise d’otages a fait dans les 90 victimes. Je repasse par la place de la République, descends l’avenue Voltaire, passage de la manifestation du 11 janvier, et arrive au bout de 500 m au niveau du métro Oberkampf (d’ailleurs fermé).

Des camions satellites ? Mais que font-ils stationnés en plein milieu de la voie ?
Des fourgons satellites ? Mais que font-ils stationnés en plein milieu de la voie ? (9h13)
9h15 - Oberkampf fermeture
Vous ne passerez pas ! (9h15)

Le secteur autour du Bataclan étant bouclé, il faut faire un détour par le boulevard Richard Lenoir. Par ailleurs, toute la zone donne l’impression de ne pas avoir été nettoyée depuis le vendredi 13. C’est moins propre que la campagne iranienne.

Ce qu'on peut voir du Bataclan. L'entrée du lieu de spectacle est cachée par un drap blanc. (9h22)
Ce qu’on peut voir du Bataclan (façade peinte en rouge). L’entrée du lieu de spectacle est cachée par un drap blanc. (9h22)

Étrangement, c’est là que se trouve la plus grande concentration de journalistes.

Presse devant le périmètre du Bataclan (9h23)
Presse devant le périmètre du Bataclan (9h23)
Légion de fourgons satellite devant le périmètre du Bataclan (9h266)
Contingent de fourgons satellite devant le périmètre du Bataclan (9h26)

Je descends 1,3 km d’avenue Voltaire et bifurque à la rue de Charonne. Les feux de circulation sont HS devant le lieu de la fusillade. Je ne sais pas s’il y a un rapport.

Feu hors service devant le bar La Belle Équipe (9h36)
Feu hors service devant le bar La Belle Équipe (9h36)
Beaucoup de cyclistes arrêtés devant le bar (9h39)
Beaucoup de cyclistes arrêtés devant le bar (9h39)
Bris de verre dans le restaurant Sushi Maki, contigu à La Belle Époque (9h40)
Bris de verre dans le restaurant Sushi Maki, contigu à La Belle Équipe (9h40)
Texte collé à la devanture du Sushi Maki, signé en français et en arabe par une certaine Marjane () (9h41)
Texte collé à la devanture du Sushi Maki, signé en français et en arabe par une certaine Marjane (مرجان) ; remarquez l’origami (9h41)

J’ai fait le tour des principaux lieux des attentats. Direction la place de la Nation, 1,4 km plus loin, pour voir s’il n’y a pas d’hommages là-bas. De loin, ça n’en avait pas l’air. Je cours les 1,8 km qui me séparent des boulevards des Maréchaux, par lesquels je rentre chez moi. Plus on s’écarte de la zone des attentats, moins il y a de monde.

J’aurai parcouru 16 km, sans prendre d’eau ni d’en-cas avec moi. C’est très dangereux d’aller sur les sites des fusillades : personnellement, je me suis faite shooter (aux endorphines).

J’espère que ce running-reportage aura été meilleur que celui à New York du rédacteur en chef du Figaro. Bon, là, il faut que je me lève de ma chaise pour aller acheter le journal. Je crains ce moment, car il me rappellera à quel point j’ai mal aux jambes.

Vêtements féminins en Iran : version 2015

Smartlapin en tchador devant la mosquée du sheikh Lotfollah (place Naqsh-e Jahân, Ispahan) (ceci n'est pas un photomontage) (29 juillet 2015, 18h40)
Selfie de Smartlapin devant la mosquée du sheikh Lotfollah (place Naqsh-e Jahân, Ispahan) (ceci n’est pas un photomontage) (29 juillet 2015, 18h40)

Article du 14 juin 2014 sur le même sujet : Le code vestimentaire féminin en Iran

Après 3 semaines de séjour dans le noyau perse de l’Iran, voici ce qu’on peut dire concernant les habits des Iraniennes. Vous ne vous prendrez plus les pieds dans le tapis persan !

Le code vestimentaire

Deux promeneuses au jardin d'Eram à Shiraz
Deux promeneuses au jardin d’Eram à Shiraz (prov. de Perse) (18 juillet 2015)

Voici ce que vous devez porter si vous allez en Iran :

  • Un foulard (روسری rusari) sur la tête. Il n’a pas besoin d’être parfaitement opaque et peut laisser échapper autant de cheveux qu’on souhaite et par tous les côtés (y compris l’arrière). S’il tombe, même sous les yeux d’un policier, on ne vous dira rien si vous le remettez en quelques secondes (que vous soyez étrangère ou Iranienne).
  • Une tunique (مانتو mânto) qui cache les coudes et les fesses. Elle ne doit pas être très moulante. Un gilet bien long sur un T-shirt manches courtes serré fait bien l’affaire. J’ai vu un mânto transparent sur une Iranienne de la ville conservatrice de Yazd. Les étrangères peuvent arborer un décolleté plongeant même s’il n’est pas caché par le foulard.
  • Un pantalon, jeans, leggings, jupe, etc. qui descende jusqu’aux chevilles.
  • Les chaussettes sont facultatives.

Les Iraniennes n’ont généralement pas peur des couleurs vives et des paillettes.

Vous pouvez enfreindre le code (enlever votre foulard, par exemple) tant que vous pouvez rétablir la situation avant que la police arrive, ou que des gens conservateurs viennent vous faire des remarques. Il n’y a aucun risque à se baigner en maillot de bain sur une plage déserte devant une mosquée à l’heure de la prière. De même, vous pouvez être tête nue dans une voiture hors agglomération, dans certains hôtels, lors d’une balade à la montagne, ou dans n’importe quel endroit un peu isolé. C’est une question de feeling.

Tchador

Le tchador (چادر « tente ») est une grande cape en forme de demi-lune. Il se porte sur le foulard-mânto-pantalon habituel et peut se mettre de mille façons. Il est souvent noir, à motifs discrets et avec des effets de transparence et de brillance. On rencontre occasionnellement d’autres couleurs.

Deux femmes en habits bandaris visitant le château de Râyen (prov. de Kermân) (23 juillet 2015, 13h22)
Deux femmes en habits bandaris visitant le château de Râyen (prov. de Kermân) (23 juillet 2015, 13h22)

Les tchadors sont colorés dans la région de Hormozgân (هرمزگان détroit d’Ormuz) ; ils sont alors dits « bandari » (بندری « de la ville de Bandar-‘Abbâs بندر عباس »). Dans le meilleur des cas, il est portés sur la tête et cache tout sauf le visage et les pieds. Souvent, il dévoile les jambes jusqu’aux genoux, se porte sous le bras comme un sari, sur les épaules, à la taille, voire est laissé complètement ouvert sur le devant. On cache son sac à main dessous. Le tchador s’ouvre voire tombe si on le lache ; on est obligé de le tenir avec la main ou le coude, voire avec les dents si on n’a plus que ça de disponible.

Le tchador est théoriquement obligatoire dans les mausolées religieux, même si cette règle n’est pas toujours appliquée. On en prête, souvent de couleur blanche à fleurs, à l’entrée de ces sanctuaires. Si aucune dame n’est présente à l’entrée pour vous donner le tchador en main propre, vous pouvez toujours entrer avec vos vêtements normaux. Dans le pire des cas, on vous de ressortir le temps de vous habiller décemment.

La police religieuse iranienne, qui disparaît progressivement, est largement (exclusivement ?) composée de femmes en tchador.

Les vêtements qu’on ne voit pas, ou rarement

Niqab

2 août 21h59 - pélerine niqabie
Pélerine arabe chiite à Mashhad (2 août 2015)

Le niqab, qui cache la tête et le visage en ne montrant que les yeux, est considéré en Iran comme un vêtement d’Arabe. Il est porté par de rares autochtones de la région arabisée du Hormozgân, toujours avec un tchador bandari coloré. Les multiples femmes en niqab de la ville-pélerinage de Mashhad sont toutes des pélerines venues d’Iraq ou d’Arabie saoudite.

Masques bandaris achetés sur l'île de Qeshm.
Masques bandaris achetés sur l’île de Qeshm.

Burqa afghane

A priori, vous ne verrez jamais de grille devant les yeux d’une Iranienne.

Masque bandari

L’accessoire iranien se rapprochant le plus d’une burqa (en masquant le visage) est le masque bandari, occasionnellement porté par dans la région du Hormozgân.

Abaya

Cette longue robe noire prisée des Arabes est rarement arborée par les Iraniennes conservatrices, qui lui préfèrent le tchador.

Voile serré

Le voile serré « à l’arabe », un foulard qui colle de près à la tête sans laisser dépasser de cheveu et qui est maintenu par mille épingles, n’est porté par les Iraniennes que sous un tchador. Il ne faut pas le confondre avec les cagoules de l’uniforme de travail, qui montrent tout de même les cheveux de devant.

Habillement par région

Le tchador est

  • peu porté à Téhéran (8 154 000 hab) et Shiraz (1 460 000 hab)
  • un peu plus à Ispahan (1 756 000 hab)
  • encore un peu plus dans le Hormozgân (province de 1 580 000 hab)
  • plus à Kerman (534 000 hab)
  • encore plus à Kashan (275 000 hab) et Yazd (486 000 hab).

La grande ville la plus conservatrice d’Iran est Qom (1 074 000 hab). Mashhad (2 749 000 hab) est difficile à juger, tellement la proportion de pélerins étrangers est importante (jusqu’à deux fois le nombre d’autochtones).

Une fille en tchador n’est pas forcément religieuse ou croyante, ce vêtement étant essentiellement promu par la pression sociale. À Yazd (une des villes les plus conservatrices avec Qom et Mashhad), environ 80% des femmes sont en tchador, bien que les mosquées soient presque vides à l’heure de la prière.

Dans les vitrines

Les Iraniennes adorent les robes de soirées couvertes de paillettes. En voici à Yazd.

Boutique de robes de soirées près de la place Tchakhmaq à Yazd (25 juillet 2015, 19h14)
Boutique de robes de soirées près de la place de l’émir Tchakhmâq à Yazd (25 juillet 2015, 19h14)
Robes de soirée à Téhéran (6 août 2015, 16h39)
Robes de soirée à Téhéran (6 août 2015, 16h39)

À Téhéran, une rue piétonne est exclusivement dédiée aux robes de soirées, qui se vendent typiquement entre 100€ et 200€.

Dans ce centre commercial de Qeshm (29 000 hab, île de Qeshm, prov. de Hormozgân), les boutiques de lingerie sont symboliquement voilées de rideaux de ficelles à petits cœurs rouges.

Boutique de lingerie dans un mall de Qeshm (21 juillet 2015, 23h03)
Boutique de lingerie dans un mall de Qeshm (21 juillet 2015, 23h03)

Toujours dans le même centre commercial, d’autres vêtements osés sont disposés sur des mannequins sans honte.

Boutique de vêtements dans un mall de Qeshm (21 juillet 2015, 23h02)
Boutique de vêtements dans un mall de Qeshm (21 juillet 2015, 23h02)

D’autres mannequins ont la tête couverte, notamment s’ils sont visibles depuis la rue.


Toutes les photos ont été prises par le Smartlapin. Si vous voulez les réutiliser, contactez-le (normalement, il vous dira oui). Les données de population sont extraites de l’atlas mondial de Gitâshenâsi année 1393-1394 (2014-2015), la référence iranienne des cartes.

Un brumeux jour de Noël

St-Barbara
Église copte St-Barbara au Caire. – Daniel Mayer

Nous sommes Noël dernier. Le Noël copte, je précise. À 7 heures, la télévision s’allume sur le journal de France 24, comme elle est programmée pour le faire. Je trouve qu’il n’y a rien de mieux pour se réveiller que le son de l’actualité, mais bon, tout le monde sait que je suis une fille bizarre.

Nous sommes mercredi. J’ai deux cours successifs sur l’Asie centrale, de 12h à 15h. J’y assiste en auditrice libre. L’école est à dix minutes à pied de mon appartement.

Aujourd’hui, j’oublie de prendre le petit-déjeuner. Ça ne m’arrive jamais, car je survis difficilement sans. Je bois juste un verre d’eau et je me dis qu’il faut que j’achète le Canard enchaîné. Les caricatures du Palmipède me manquent.

Je ne cherche pas le journal tous les jours, et quand je l’achète c’est presque toujours vers midi, sur le chemin de la fac. Je ne sors jamais le matin sauf raison impérative. Ce matin, je ne sais pas pourquoi, je pars acheter le journal, ce que je ne fais jamais en ce moment de la journée.

Dehors, ce qui n’était encore jamais arrivé depuis mon déménagement à Paris, les rues sont arpentées par des nuages. Tout est blanc comme un matin en Normandie. Les hauts immeubles et les rues étroites ressortent étrangement sous le brouillard. Le bureau de tabac est deux rues plus loin. En entrant, je souhaite un joyeux Noël au buraliste. C’est un Égyptien copte. J’achète Libération, qui fait sa une sur la grève des infirmières, ainsi que le Canard enchaîné du jour.

Le jour de sa parution, je ne lis pas très sérieusement le Palmipède. Généralement, je regarde les calembours dans les gros titres, les dessins, surtout les aventures du Beauf, et la rubrique « Coup de barre » qui délivre chaque semaine un moment choisi d’audience dans les tribunaux.

Je préfère manger tôt, d’autant plus que j’ai oublié le petit-déjeuner. Vu que j’ai cours à 12h, je me prépare des nouilles pour 11h. Aujourd’hui, ce que je ne fais jamais, j’ai décidé d’être sérieuse en cours : je n’emporterai ni mon smartphone, ni ma montre. J’emporterai juste Libé, ce que je ne fais jamais. Le téléviseur est éteint, le smartphone dort paisiblement dans le placard.

J’arrive devant l’école à 11h55. Ce brouillard fait bizarre. Devant la porte de l’établissement, là où les étudiants peuvent discuter autour d’une cigarette, il y a une atmosphère étrange. Un étudiant encagoulé sort de l’école en se frayant un chemin entre les filles en jilbab.

Je monte à pied au troisième étage. Il n’y a personne dans la petite salle de cours. Une camarade de classe arrive en même temps que moi. On entre. Les autres arrivent. Je lis mon Libé. En tant qu’auditrice libre, je ne vois les étudiants de cette classe nulle part ailleurs et je les connais mal. Celle qui était arrivée en même temps que moi est militaire. Elle dit à une autre étudiante que l’Afghanistan, c’est pas si horrible que ça. La prof arrive et fait son cours.

Le bâtiment est nettement plus vide qu’avant les vacances. Le premier cours finit à 13h30. Après une pause, le second cours commence au sixième étage. Arrivée là-haut, je revois la militaire. Elle discute avec d’autres étudiants du plan Vigipirate et de gars armés qui circuleraient dans Paris après avoir fait une fusillade quelque part.


La journée était déjà assez inhabituelle..


On dit que les journalistes moyens cherchent l’information, mais que quand des journalistes sont vraiment bons, c’est l’information qui vient à eux.

Le jour de Noël 2015, l’information est venue frapper à la porte d’une rédaction rue Nicolas Appert.

Les drapeaux européens la tête en bas pour le 6-Juin

À l'endroit à l'envers (drapeau UE)
Oui, le drapeau européen peut avoir la tête en bas.

Contrairement aux apparences, les drapeaux européens peuvent être mis à l’endroit où à l’envers. Tout tient dans les étoiles : normalement, elles ont les jambes en bas, les bras sur les côtés et la tête en haut. Si le drapeau est à l’envers, les étoiles ont la tête en bas et l’Europe marche sur la tête.

Le drapeau était ainsi à l’envers sur les vidéos de la campagne officielle des élections européennes, dont l’infographie erronée a été reprise par de nombreux médias.

Campagne officielle Européennes 2014

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À Ouistreham (Calvados), les commémorations du 6-Juin auront lieu dans deux jours. Mais les dirigents du monde entier risquent d’être accueillis par des drapeaux à l’envers.

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Au rond-point de la Paix à l’entrée de la ville, qui affiche tous les drapeaux de l’Union :

Rond-point de la Paix

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Avenue de Bruxelles – si le drapeau européen est à l’envers dans une rue pareille… ;-)

Avenue de Bruxelles

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Chez un particulier sur le front de mer, Boulevard Aristide Briand :

Drapeau Bd Aristide Briand

Le drapeau américain est aussi à l’envers, mais probablement pas pour les mêmes raisons…

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