Archives pour la catégorie Article

Cartes aux pommes (présentation économie)

diapo 0 titre
Certaines entreprises ont vraiment très très bien réussi dans la vie.

À la demande d’étudiants de ma promotion de Hautes Études Internationales à l’Inalco, voici en ligne les deux présentations que j’ai faites en cours d’économie, avec pour thème les PIB des pays du monde rapportés aux profits de la boîte la plus prospère de l’histoire : Apple. En prime, vous apprendrez en quoi la firme fruitée remplit — comme bien d’autres — tous les critères techniques pour être considérée comme… un État !

Ce papier étant trop consistant pour tenir décemment en tant que post ici, il est accessible comme page sous l’onglet « liste des articles » de ce site.

Mangez des pommes ! (articles connexes)

Mollah Nasreddin et l’ubérisation

Miniature du 17è siècle au musée palais de Topkapı à Istanbul.
Miniature du XVIIè siècle au musée du palais de Topkapı à Istanbul. Quoique l’origine ethnique et géographique de Nasreddin soit contestée, on lui associe la ville d’Akşehir, dans le département de Konya (sud de la Turquie).

Mollah Nasreddin (ou en turc Nasrettin Hoca, prononcer « hodja ») est un personnage populaire, inspiré d’un sage soufi né au XIIIè siècle entre la Turquie et l’Iran. Il est au cœur de petites histoires philosophiques et humoristiques qui se retrouvent du Maghreb à l’Inde en passant par l’Europe de l’est et l’Asie centrale. Voici une de ses histoires qui, bien qu’elle soit vieille de quelques siècles, explique l’ubérisation de façon visionnaire.

Mollah Nasreddin doit faire le prêche du vendredi à la mosquée pour trois semaines. Mais, passant plus de temps à boire à la taverne qu’à étudier le Coran, il cherche un moyen d’esquiver son devoir. Le voilà sur la chaire de l’orateur dans la mosquée, juste après la grande prière du vendredi, devant une foule de fidèles, et il doit trouver une façon de s’en sortir.

Prêche n°1

Nasreddin : Savez-vous de quoi je vais vous parler ?
Les fidèles : Non.
Nasreddin : Si vous ne vous êtes même pas préparés avant de venir, à quoi ça sert que je vous parle ? (il part en lâchant métaphoriquement le micro)
Une semaine plus tard…

Prêche n°2

Nasreddin : Savez-vous de quoi je vais vous parler ?
Les fidèles : Oui !
Nasreddin : Puisque vous savez, à quoi ça sert que je vous l’enseigne ? (il part en lâchant le micro)

Une semaine plus tard…

Prêche n°3

Nasreddin : Savez-vous de quoi je vais vous parler ?
La moitié des fidèles : Oui !
L’autre moitié des fidèles : Non !
Nasreddin : Alors, que ceux qui savent l’enseignent à ceux qui ne savent pas ! (il part en lâchant le micro)

Mollah Nasreddin vient d’ubériser le prêche à la mosquée.

« Apple et le FBI, au cœur des guerres de la surveillance » (Zaman)

3416310475_d68bea086c_o

Voici la copie de ce papier publié le mercredi 27 avril à 17h14 sur le site du journal Zaman France.

Quelques minutes après la publication de l’article, un employé d’Apple se tuait d’une balle dans la salle de réunion du quartier général de la firme, à Cupertino, Californie.


Une multinationale préférerait se suicider plutôt que de fournir au gouvernement une arme de surveillance massive. Ce n’est pas un scénario de film, mais une affaire judiciaire aux États-Unis, point de départ annoncé de «guerres de la crypto» entre géants de la tech et États.

Rien ne va plus entre Apple et le FBI. Les relations entre la firme américaine et l’agence de renseignement se sont nettement dégradées ces derniers mois. Dernier épisode en date : la demande par le FBI d’accéder à l’iPhone d’un dealer new-yorkais, requête retirée la semaine dernière après que la police en ait obtenu le code par des moyens non technologiques.

Tout commence en décembre 2015, quand Syed Farook et sa compagne abattent 14 de leurs collègues à San Bernardino, en Californie. Avant de mourir, les deux terroristes avaient détruit leurs smartphones personnels. Reste aux enquêteurs un iPhone 5c que Farook avait reçu de son employeur, l’administration locale. Seulement, il est crypté, conçu pour être inviolable, même pour son fabricant.

Le téléphone de Farook est un modèle vieux de deux ans, pour lequel des techniques de piratage sont connues. Aussitôt saisi, le FBI en modifie l’identifiant auprès d’Apple, ôtant l’espoir d’en récupérer les données via les serveurs de la firme. L’agence exige alors de la compagnie d’inventer un système d’exploitation permettant de pénétrer n’importe quel iPhone, prétextant qu’il ne serait utilisé «que sur un téléphone». Tim Cook, le très réservé PDG de la firme, rejette publiquement la requête le 16 février, qualifiant une telle porte dérobée d’«équivalent logiciel d’un cancer». «Ce n’est pas juste un téléphone», dénonce-t-il. «C’est vraiment le futur qui est en jeu. Vous avez un type à Manhattan [Cyrus Vance, procureur de New York, ndlr] qui dit «J’ai 175 téléphones que je veux y faire passer.»»

Tim Cook, PDG d'Apple depuis 2011 (photo : site iPhone Digital)
Tim Cook, PDG d’Apple depuis 2011 (photo : site iPhone Digital)

Apple soutenu par Google et Facebook

S’engage un pugilat judiciaire. Pour les avocats de la firme, la création de « GouvernementOS », surnom donné chez Apple à la porte dérobée, conduirait à «TraçageDeLocalisationOS ou EspionnageOS demain» et permettrait à Washington de s’accaparer «la capacité de forcer des entreprises […] à saper les intérêts basiques de sécurité et de vie privée de centaines de millions d’individus autour du globe».

De Google à Facebook, 37 entreprises technologiques décident d’appuyer Apple au tribunal. Même l’ex-patron de la NSA et le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU soutiennent le groupe. Seul Bill Gates, ex-PDG de Microsoft, l’ennemie ancestrale d’Apple, encense le FBI, peu avant que Microsoft ne se déclare elle-même «de tout cœur» avec la marque à la pomme.

«La rhétorique d’Apple est non seulement fausse, mais aussi destructrice des institutions mêmes qui sont les plus à même à sauvegarder notre liberté et nos droits», rétorquent les avocats du gouvernement. Devant le Congrès américain, James Comey, directeur du FBI, s’interroge : «Et si [les ingénieurs d’Apple] étaient kidnappés et forcés à écrire du logiciel ?».

James Comey, directeur du FBI (photo : Paul Morigi / Flickr)
James Comey, directeur du FBI (photo : Paul Morigi / Flickr)

Des lois pour faire interdire l’iPhone ?

Dans le cas plausible d’une défaite au tribunal, Apple envisage des démissions massives chez ses ingénieurs qui la mettraient hors d’état de coder, que ce soit pour le FBI ou ses propres produits. L’écosystème logiciel d’un smartphone, «assiégé au quotidien» selon les propres mots d’Apple, demande un soin permanent. Même pour la firme la plus prospère de l’histoire, se paralyser ainsi relèverait du suicide.

Le 21 mars, la veille de la très attendue première audience, patatras. Le FBI rétropédale, préférant ouvrir le téléphone dans son coin et clamant n’avoir jamais voulu «dire quoi que ce soit d’infâme sur Apple». Après une semaine et 1,3 millions de dollars payés à un tiers inconnu, l’iPhone est ouvert : il est vide. Taxés de complaire avec la surveillance, les géants de la tech s’engouffrent désormais dans le cryptage, soulevant l’irritation de politiques du monde entier. En France, un amendement du député LR Éric Ciotti manquait, à une voix près, de pouvoir faire interdire les iPhones car trop sécurisés. Le sénat américain envisage des lois similaires.


Si vous souhaitez savoir quels sont les 37 amis dévoués d’Apple parmi les entreprises de la tech, consultez cette magnifique infographie à oreilles de lapin.

Pour un conseiller de Donald Trump, la Turquie complote avec l’uranium amérindien… (Zaman)

Joseph_E._Schmitz 2
Joseph Schmitz

 

Voici la copie de mon article écrit le 21 avril 2016 pour le journal franco-turc Zaman lors de mon passage là-bas. Tous mes 19 articles pour Zaman sont accessibles ici.

L’avocat Joseph Schmitz a récemment été nommé conseiller en politique étrangère de Donald Trump, le candidat controversé des primaires américaines. Cet ex-inspecteur général du Pentagone avait soutenu l’année dernière une théorie du complot impliquant Ankara, de l’uranium, des projets terroristes et des tribus amérindiennes.

Joseph Schmitz, membre du think tank notoirement islamophobe Center for Security Policy, est devenu l’un des conseillers en politique étrangère de Donald Trump, le candidat républicain aux primaires américaines. Schmitz s’était fait connaître l’an dernier par une sortie à dormir debout concernant les Turcs.

La Turquie à l’assaut des terres amérindiennes pour imposer sa vision de l’islam !

Schmitz a servi avec Lawrence Kogan comme co-conseiller dans un procès de 2015 pour le sénateur du Montana Bob Keenan et l’ex-sénateur Verdell Jackson. L’objet était de bloquer la prise en charge du barrage Kerr, dans le nord-ouest américain, par les tribus des Salish confédérés et des Kootenai. L’édifice a été renommé «barrage de Seli’š Ksanka Qlispe’» après son acquisition pour 18,3 millions de dollars par l’entreprise Energy Keepers, de propriété tribale. Les deux avocats ont affirmé que le tranfert du barrage permettrait au gouvernement turc et à des terroristes d’obtenir du matériel nucléaire. Ils ont justifié leurs arguments par des rumeurs autour de la Coalition Turque d’Amérique, un groupe de lobbying à but non lucratif qui œuvrait à établir des liens commerciaux agricoles avec les populations amérindiennes. Leur crainte était que ce ne soit un cheval de Troie d’Ankara pour «promouvoir sa vision de l’islam» sur les réserves amérindiennes. Le but final aurait été d’exploiter les dépôts d’uranium du secteur et de solliciter l’expertise tribale dans la production de yellowcake, une matière hautement radioactive pouvant servir à fabriquer des bombes.

«C’est totalement ridicule»

«Il est possible que le gouvernement turc, des entreprises turques sponsorisées et des groupes terroristes affiliés ou leurs membres cherchent l’accès à une telle expertise pour l’acquisition potentielle et l’utilisation de dispositifs incendiaires pour compromettre le barrage Kerr et/ou d’autres cibles hors-réserve», assure le contenu de la plainte. Des défenseurs des relations turco-américanes ont qualifié les propos des deux avocats de «purement horribles», rappelant l’appartenance de la Turquie à l’Otan et son alliance avec Washington. «Il y a un intérêt à développer le business avec le pays indien», a déclaré Lincoln McCurdy, président de la Coalition Turque d’Amérique. «Mais apporter des valeurs islamiques et des armes nucléaires ? C’est totalement ridicule». Schmitz et Kogan se sont rétractés en octobre dernier, n’ayant pas pu étayer leurs allégations avec des preuves factuelles.

Fier de sa récente victoire dans le stratégique État de New York, Donald Trump est grand favori à l’investiture républicaine. Son parti craint que son populisme et ses provocations répétées ne lui garantissent une défaite face aux démocrates lors des élections présidentielles de l’année prochaine.

Prise au piège dans mon rêve par Michel Onfray (Zaman)

Cela faisait longtemps que je n'avais pas utilisé Gimp.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas utilisé Gimp.

Voici la copie de mon billet écrit pour le journal franco-turc Zaman lors de mon passage là-bas. Tous mes 19 articles pour Zaman sont accessibles ici.

J’ai pour habitude d’utiliser ma télévision comme réveil. Celle-ci est programmée pour s’allumer à 6h du matin sur les informations de France 24. C’est tôt, mais ça me laisse le temps de rester endormie plus longtemps si je suis fatiguée. Mais si la télévision ne me réveille pas tout de suite et que je continue à dormir, des phénomènes étranges tendent à se produire.

Quand on rêve, c’est pendant une phase dite du sommeil paradoxal, un état d’endormissement relativement léger. Cela fait que quand je rêve avec les infos allumées, je les entends dans mes songes. Dès lors, tout en dormant, je peux rajouter des images aux reportages qui parviennent à mes oreilles, ou encore pester consciemment contre les bêtises de tel intervenant. Cette recette mi-onirique, mi-réelle, conduit parfois à des mélanges assez loufoques. En entendant un sujet sur la prise par Daesh de la ville syrienne de Palmyre, j’ai vu en rêve les jihadistes saccager un zoo, ce qui ne s’est évidemment jamais produit en vrai.

Uber et les hélicoptères

Le cocktail onirico-journalistique le plus abracadabrantesque que j’ai jamais entendu en rêve est le suivant : une alliance d’Uber avec Airbus pour proposer un service de trajets par hélicoptère ! Dans mon cerveau endormi défilaient des images d’hélicoptères décollant de toits d’immeubles, leurs portières marquées du «U» de l’entreprise de transport entre particuliers. Une fois levée, je m’émerveillai de mon imagination délirante et, ayant fait le tour du journal de France 24, allai zapper sur BFM Business. À mon grand effroi, j’entendis le présentateur : «… et cette info qui nous parvient à l’instant… Uber va passer un contrat avec Airbus pour proposer des hélicoptères à ses clients ! Non, vous ne rêvez pas, c’est bien vrai».

En prison, une trappe secrète

Un matin, j’essaie de m’évader de prison dans un rêve paradoxalement assez tranquille – du moins, au début. J’ai débusqué une trappe un peu rouillée dans le sol de ma cellule, que je m’acharne méticuleusement à ouvrir en écoutant les infos du monde réel. Finalement, ça s’ouvre sur un escalier. Alors que je m’apprête à descendre, le présentateur de France 24 annonce une interview avec Michel Onfray. Je soupire et pense à éteindre la télé. Mais comment faire ? Je suis en prison, tout de même ! Je ne peux pas en sortir comme ça pour attraper la télécommande qui se trouve je-ne-sais-où. Prenant mon mal en patience, je descends l’escalier. Je me retrouve dans une pièce de taille moyenne, lumineuse, chaleureuse, avec pour seul meuble, au centre, un gros coffre vide.

Onfray et les réfrigérateurs

Mais, depuis ma télé devant mon lit, Onfray se fait de plus en plus agaçant. Pour ne pas dire insupportable. Assise sur le coffre en guise de chaise, ma patience commence à s’épuiser. Que faire ? Où aller pour trouver cette fichue télé et l’éteindre ? J’entends qu’à cause du capitalisme libéral, on vit moins bien maintenant qu’il y a 50 ans, car «posséder un réfrigérateur» ne serait pas signe d’un meilleur niveau de vie. Je fais nerveusement les cent pas, impuissante et rageuse. Vous vous rendez compte, je suis harcelée par des propos venus d’un monde parallèle dont je ne peux pas me couper, même en rêve ! Après une attente interminable, des portes se matérialisent dans les murs de la pièce. Ils mènent vers des corridors. Je m’y engouffre sans tarder et me réveille.

À la télé, le présentateur dit : «Merci, Michel Onfray, d’avoir répondu à nos questions… »

Vous reprendrez bien un peu de sanskrit ?

La bataille de Kurukshetra telle que racontée dans le Mahabharata, un des plus importants livres de l'hindouisme. Le sanskrit, et les textes sacrés indiens en général, n'ont été mis à l'écrit que très tardivement.
La bataille de Kurūkshetra (État de Haryana, nord de l’Inde) telle que racontée dans le Mahābhārata, une des plus importantes épopées de l’hindouisme, composé sur plusieurs siècles au cours de l’antiquité. Le sanskrit, et les textes sacrés indiens en général, n’ont été mis à l’écrit que très tardivement. C’est pour cette raison que le sanskrit est considéré comme n’ayant aucun alphabet propre. – manuscrit du XVIIIè siècle / domaine public

(si vous ne savez pas ce qu’est le sanskrit, c’est l’équivalent indien du latin.)

Cet article s’adresse à tous ceux qui ont du mal avec l’anglais, l’allemand ou une autre langue. C’est trop dur pour vous ? Une mini-cure de sanskrit de 5 min devrait résoudre le problème. On va faire quelques phrases très simples ensemble. Après, toutes les langues étrangères vous paraîtront faciles.

mama nāma Rāmaħ. (mon nom est Rama)

Le premier mot est aham (« je ») qui décliné au génitif donne mama. Le deuxième est le neutre nāman qui au nominatif devient nāma. Le troisième est le prénom Rāma qui devient Rāmas au nominatif, sauf qu’on est en fin de phrase, et donc ça devient Rāmaħ.

kutrāsti vo rājā ? (où est votre roi ?)

Le premier mot est kutra qui signifie « où ». Le second est asti qui est le verbe « être » à la troisième personne du singulier. Mais, pour faire joli, ils fusionnent en kutrāsti. Le troisième mot est yūyam qui signifie « vous », mais vu qu’il est au génitif il devient yușmākam, et vu que yușmākam est un peu lourd on préfère utiliser la version courte (enclitique), vas. Mais le mot d’après commence par un r, donc vas devient vo. Le quatrième mot est le masculin rājan (« roi »), et comme il est au nominatif il se décline en rājā.

kākaħ kutra vasati ? (où vit le corbeau ?)

Le premier mot est kāka, mot masculin signifiant « corbeau ». Au nominatif comme ici, il devient kākas, mais vu que le mot d’après commence par un k, il devient kākaħ. Kutra veut dire « où ». Vasati vient de la racine vas- (habiter) et le suffixe ati est celui de la troisième personne du singulier.

kāko grāmeșu vasati. (le corbeau vit dans les villages)

Le premier mot est toujours « corbeau » au nominatif, mais vu que le mot d’après commence par un g, il devient kāko au lieu de kākas. Le deuxième mot est le masculin grāma (village), qui devient grāmeșu au locatif pluriel.

bhayād gŗhān na nirgacchāmaħ. (de peur, nous ne sortons pas de la maison)

Le premier mot est bhaya (peur). À l’ablatif (« de qch. »), il devient bhayāt, mais vu que le mot d’après commence par un g, il devient bhayād. Le deuxième mot est gŗh (maison) ; il est aussi à l’ablatif et se transforme en gŗhāt, mais vu que le mot d’après commence par un n, il mute en gŗhān. Le troisième mot est juste la négation na. Le quatrième vient de la racine nirgama (sortir) accolé au suffixe de la première personne du pluriel, amas, ce qui fait nirgacchāmas (oui, le m est devenu ccha). Mais vu qu’on est en fin de phrase, ça devient nirgacchāmaħ.

Les exemples sont pris du cours d’initiation au sanskrit de l’Inalco, accessible aux étudiants en première année du département Asie du sud.

Liberté, égalité, fraternité… laïcité ? (contre-argument mathématique)

Porche de l'École Nationale d'Administration (ENA)
Porche de l’École Nationale d’Administration (ENA), dans le VIè arrondissement de Paris, juste au sud du jardin du Luxembourg. – LPLT

La devise de la République française est « Liberté – Égalité – Fraternité ». Elle est sensée représenter la République dans son ensemble. Certains voudraient y rajouter le terme « Laïcité ». J’y oppose un argument inspiré des mathématiques.

Vecteurs et famille libre

La liberté, l’égalité et la fraternité sont (sensés être) les trois vecteurs de la France. Ils sont (linéairement) indépendants : ces trois concepts ne se recouvrent pas entièrement, aucun des trois n’est un simple mélange des deux autres. Ils forment donc ce qu’on appelle une famille libre.

En mélangeant les vecteurs dans les bonnes proportions, on obtient les principes fondamentaux de la République. Normalement, on n’a pas besoin de rajouter quoi que ce soit d’autre. On pourrait en débattre et dire que certains principes républicains sont faits d’autre chose que de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais ça ne changerait rien au raisonnement : il suffirait de ne se focaliser que sur les principes formés exclusivement sur les trois vecteurs.

Bref : tout point des fondements de la République peut être décrit comme une somme des trois vecteurs, avec les bons coefficients multiplicateurs. Vu que les vecteurs forment une famille libre (c’est une condition indispensable), et vu ce qu’on vient de dire, ils forment ce qu’on appelle une base de la République.

Mathématiquement, la devise « Liberté – Égalité – Fraternité » est une base de la République Française.

Bonus : si ces trois vecteurs ne se recoupent absolument pas (càd, si on peut imaginer un pays libre mais complètement inégalitaire et sans entraide, etc.), ils sont orthogonaux et constituent une base orthogonale. De là, on pourrait diviser chacun des vecteurs « Liberté – Égalité – Fraternité » par sa norme pour en faire une jolie base orthonormale (tous les vecteurs sont ajustés pour valoir 1). Mais je laisse ça aux juristes férus de maths.

Que se passe-t-il si on rajoute la laïcité ?

La laïcité, c’est tout simplement :

  • être libre de pratiquer ou non sa religion
  • être égal quelle que soit sa religion
  • le respect et la fraternité entre toutes les confessions

Le vecteur laïcité est une somme des trois vecteurs « Liberté – Égalité – Fraternité ». Il n’est pas indépendant de ces vecteurs. Si on forme une famille « Liberté – Égalité – Fraternité – Laïcité », on a ce qu’on appelle une famille liée. Par définition, une famille liée ne peut pas être une base de quoi que ce soit.

La devise « Liberté – Égalité – Fraternité – Laïcité » ne peut mathématiquement pas être une base de la République française.

Comment prononcer correctement un nom turc

Livres de littérature turque au sous-sol de la Bulac (Inalco, 13è arrondissement, Paris) (11 février 2016, 10h05)
Livres de littérature turque au sous-sol de la Bulac (Inalco, 13è arrondissement, Paris) (11 février 2016, 10h05)

Le turc est facile à prononcer pour un français. Les seuls sons qui n’existent pas en français sont le r roulé, le h aspiré, le ı (le fameux i sans point) et le ğ (qui ne se prononce pas vraiment de toute façon). L’alphabet est latin, avec quelques lettres spéciales. Les voici.

Le c, ç et ş

Ils ont des équivalents français exacts.

  • c → dj
  • ç → tch
  • ş → sh

Par exemple :

  • Cumhuriyet (« république ») → djoum-hou-ri-yèt
  • Fenerbahçe (quartier d’Istanbul) → fé-nèr-bah-tché
  • Beşiktaş (autre quartier d’Istanbul)→ bé-chic-tache

Le ğ (yumuşak g)

Littéralement, cette lettre s’appelle « g mou ». Elle se prononce comme un très léger eu à la fin d’une syllabe, et ne s’entend pas vraiment au début d’une syllabe. Le symbole en alphabet phonétique international est [ɰ].

  • Davutoğlu (« fils de David » ; Premier ministre turc actuel) → da-vou-toeu-lou
  • Erdoğan (Président turc actuel) → èr-do-anne

Le ü et le ö

Ils ont leurs équivalents français exacts.

  • ü → u français normal, comme dans « union »
  • ö → œ ou eu

À noter que le u turc correspond au ou français.

Le ı sans point

C’est probablement le son le plus difficile du turc pour un francophone. Techniquement, le ı est au i ce que le ou est au u en français. Ce son, prononcé très en arrière de la bouche, est retranscrit en polonais et en russe par un y (ы en cyrillique) et en alphabet phonétique international par [ɯ]. La voyelle française qui lui ressemble le plus est le e muet (comme dans « je« ) et c’est comme ça qu’il vaut mieux le prononcer. Il ne faut surtout pas le prononcer comme un i avec point. Prenons une phrase complètement banale et très polie :

Seni sıkıyor muyum? (Est-ce je t’ennuie ?)

Si, par le plus grand des malheurs, vous mettez les points sur les i de sıkıyor (« ennuyer »), la phrase devient : « Est-ce que je te baise ? » (et pas au sens d’embrasser, bien sûr).

Le ı majuscule s’écrit I. Il est important de noter que le i majuscule s’écrit İ (avec un point).


Maintenant que vous avez tout ce qu’il vous faut, il ne reste plus qu’à vous souhaiter de bons succès en turc : başarılar!

« Noor » de Sorayya Khan, un roman pakistanais

Une fermière en pleine récolte à Khulna -- Yousuf Tushar, 17 avril 2014
Une fermière en pleine récolte à Khulna (Bangladesh) — Yousuf Tushar, 17 avril 2014

Ceci est une fiche de lecture réalisée dans le cadre du cours d’introduction aux littératures sudasiatiques de l’Inalco. J’ai eu 15/20 à ce cours mais ne connais pas la note de la fiche de lecture, qui comptait pour la moitié des points.

Noor

Sorayya Khan (Pakistan) – 2003 – anglais – 204 pages

Présentation de l’auteure

Sorayya Khan est née en Europe dans les années 60, d’un père pakistanais et d’une mère néerlandaise. Elle a grandi au Pakistan occidental, puis a étudié aux États-Unis où elle a décroché un doctorat en études internationales en 1987. En dehors de sa carrière littéraire, elle est chercheuse sur l’Asie du Sud et l’Indonésie. Elle vit actuellement à New York.

Elle a publié trois romans, tous en anglais : Noor (2003), Five Queen’s Road (2009) et City of Spies (2015). Elle parle ne parle pas parfaitement ourdou. Alors que la littérature anglophone pakistanaise traite généralement des sujets assez consensuels, Noor évoque la sécession du Bangladesh, un sujet très sensible dans le pays, peu traité même dans la littérature en langue vernaculaire. Ce roman a reçu de nombreuses critiques, largement positives, dans la presse du sous-continent.

Résumé

Une nuit après l’amour, Sajida a la vision d’une étrange petite fille qui l’appelle par le nom de « mère ». Neuf mois plus tard, Noor naît. Mais il apparaît vite qu’elle n’est pas normale, que ce soit au niveau physique ou comportemental. La famille est divisée entre tolérance et rejet de cette petite fille insensible à la douleur, à la fois prodigieuse et retardée. Le plus perturbant reste l’aptitude stupéfiante de Noor au dessin. Comment ses œuvres peuvent-elles à ce point refléter leur souvenirs familiaux du cyclone et de la guerre du Pakistan oriental ?

Cadre et personnages

L’action se déroule de 1988 à 2001 à Islamabad, dans une famille aisée ourdouphone et anglophone. Le roman se focalise presque exclusivement sur cinq personnages. Entre parenthèses sont leurs âges approximatifs au début du récit.

Sajida (23 ans) est l’héroïne. D’origine bengalie, sa famille a été emportée par le cyclone de 1970, alors qu’elle avait cinq ou six ans. Elle a ensuite été adoptée par Ali, un soldat ouest-pakistanais venu combattre au Pakistan oriental en 1971.

Noor (« Lumière » en ourdou) est la troisième enfant de Sajida, atteinte d’un trouble du développement, peut-être une trisomie 21. Elle manifeste un don singulier pour le dessin depuis qu’on lui ait offert des crayons de couleur à son premier anniversaire. Ses œuvres abstraites, au début des feuilles de couleur bleue unie, deviennent de plus en plus réalistes, jusqu’au jour où elle dessine une représentation « digne d’une photographie » de son grand-père en treillis.

Ali (41 ans) est un promoteur immobilier et fils cadet de Nanijaan, vétéran du Pakistan oriental. Il a évité un mariage arrangé avec sa cousine. Il n’a que Sajida comme fille (adoptive) et n’est pas marié. Il a de facto abandonné la religion après avoir fait la guerre au Pakistan oriental. Il a fait construire la maison familiale, un lieu à part surnommé le « Secteur d’Ali », dans lequel se déroule le récit.

Hussain est le mari de Sajida. Ils se sont rencontrés alors qu’elle avait 16 ans. Pendant des années, il ne parvient pas à tolérer la différence de Noor, avant de finir par l’accepter vers le milieu du récit.

Nanijaan (70 ans) est la mère d’Ali. Elle n’a eu que des fils, la plupart partis à l’étranger. Son mari, décédé, la battait régulièrement. Elle est très proche de Sajida.

Style et interprétation générale

Le roman est de langue anglaise, ponctué de quelques rares mots ourdous. Il est divisé en treize chapitres, sobrement intitulés one à thirteen. Les phrases sont courtes et simples, avec quelques envolées lyriques notamment dans les premières pages. Le récit est raconté par un narrateur omniscient. On alterne entre moments du présent, de la vie quotidienne, et description d’épisodes passés de la famille.

Un certain mystère enveloppe un roman qui aurait par ailleurs pu être réaliste. La petite Noor frôle le fantastique. Par exemple, il n’y a aucune explication rationnelle sur la vision qu’a Sajida de sa future fille au début de l’ouvrage. Sorayya Khan se défend néanmoins de tout « réalisme magique », qualificatif parfois attribué à son roman. Ainsi, les dessins de Noor sont suffisamment abstraits pour que chaque personnage puisse y voir des allusions à son passé.

Les souvenirs qu’a Ali de sa mission au Pakistan oriental sont à part. Ceux-ci sont écrits en italiques, à la première personne, dans un style parlé, avec des mots crus voire vulgaires pour décrire l’horreur de la guerre, des mutilations et des viols.

Thèmes du livre

Le cercle familial

Sorayya Khan pense que c’est dans le cercle familial que peuvent cicatriser les blessures occasionnées par l’Histoire. Initialement, la vie de la famille de Sajida est très tranquille. Il était communément admis qu’Ali avait adopté Sajida à sen rentrant de la guerre, et que celle-ci s’était très bien intégrée à la famille, malgré quelques incidents. Notamment, comme expliqué dans le premier chapitre, la mère de Sajida est un sujet tabou, tout comme le reste de sa famille biologique.

L’irruption de Noor brise cet équilibre. La fierté de Hussain est atteinte par cette fille handicapée. Il manquera à son devoir de père et de mari pendant plusieurs années, avant de se repentir. Nanijaan demande à son fils, presque bêtement, s’il a tué qui que ce soit au Pakistan oriental ; meurtres qu’il finit par devoir admettre à lui-même.

Peu à peu, alors que les souvenirs de la guerre émergent, il apparaît que la petite Sajida n’a pas été adoptée par Ali, mais plutôt enlevée, emmenée sans son accord dans une jeep onusienne alors qu’elle errait au bord de la route. Plus tôt, dans un charnier, Ali aurait même pu abattre Sajida par le hasard de la guerre, elle qui n’était qu’une petite Bengalie comme une autre. Pourtant, ces révélations ne déchireront pas le foyer. Tout comme Hussain finit par accepter sa fille, Sajida pardonne Ali pour tout ce qu’il lui a fait, ou aurait pu lui faire dans le feu du conflit.

Le cyclone de 1970 et la guerre de 1971

Dans ses souvenirs d’enfance, Sajida a du mal à différencier les événements du cyclone et de la guerre, malgré plusieurs mois d’intervalle entre les deux. Elle a généralement tendance à penser que toute mort et destruction vient du cyclone, en occulant la guerre. Cette ambiguïté s’estompe au fil de la trame.

Noor livre, à travers les souvenirs d’Ali, une vision sans tabous des atrocités du conflit. Au-delà des cadavres, des charniers boueux et des rivières de sang, l’accent est mis sur les violences à caractère sexuel : femmes et hommes mutilés, jeunes mères violées. Le paroxysme des mémoires d’Ali est quand celui-ci est incité à profiter de l’esclave sexuelle, impassible et neutre, avec laquelle son chef venait de coucher.

La perception des Bengalis par les Ouest-Pakistanais

Sajida fut longtemps traitée comme une bête de foire à cause de la noirceur de sa peau. Même son père adoptif ne peut s’empêcher de se demander de quelle couleur seraient les enfants de Sajida et du blanc Hussain. Nanijaan, pour soutenir sa petite-fille adoptive, teint ses cheveux pour qu’ils correspondent à la couleur de peau de Sajida.

Comme Ali le dit à Noor, les soldats pakistanais surnommaient les Bengalis les « Bingos ». Les militaires n’hésitaient pas à lancer des boutades racistes sur les Bengalis (« Pourquoi les Bengalis sont-ils si faibles ? […] Parce qu’ils n’arrivent pas à faire la différence entre du riz et de l’herbe », p. 118), comme se le remémore Ali quand Noor lui demande de lui raconter une blague.

Le président Muhammad Zia-ul-Haq

Dans le roman, il est simplement référencé sous le nom de « Général Z ». Serait-ce par antipathie ? Le général Zia, figure polarisante de l’histoire pakistanaise, dirigea le pays de 1978 à 1988, jusqu’à sa mort dans un accident d’avion suspect, événement d’ailleurs évoqué dans Noor. Le roman se concentre surtout sur sa fille, Zain Zia-ul-Haq (non nommée), atteinte d’un trouble du développement comme Noor, et décrite comme grosse, bête et malpolie. Bien que Sajida soit beaucoup plus compréhensive vis-à-vis de sa fille que ne l’est Hussain, elle ne peut s’empêcher, non sans gêne, de dresser un parallèle entre Noor et la fille du président.

La religion

La famille de Noor est religieuse sans être fondamentaliste, à l’exception notable d’Ali. Traumatisé par les horreurs de la guerre du Pakistan oriental, il a cessé de pratiquer, voire peut-être de croire en Dieu. Sa mère Nanijaan le déplore un peu, sans que ce soit un sujet de contentieux grave pour la famille.

Référence du livre

Sorayya Khan, Noor (2003), 204 p., Alhamra Publishing, Islamabad

Scoop : un musulman a fondé la plus grosse capitalisation boursière du monde !

Miniature indienne moghole illustrant le Baburnama.
Miniature illustrant le Baburnama بابرنامه, autobiographie du roi Babur (1493-1530), fondateur ouzbek de l’Empire moghol d’Inde. Elle représente un jardin où poussent des grenadiers. J’aurais préféré qu’il s’agisse de pommiers, mais on ne peut pas tout avoir :-)

Non, je ne parle pas de Saudi Aramco. Ils ne sont pas encore côtés en bourse, et puis c’est une compagnie pétrolière, ils trichent un peu, quoi. Moi, je parle d’une petite start-up qu’un musulman a fondée dans un garage et qu’il a transformée en une énoooorme boîte ! Énoooooorme !

Cette « grosse blague » est facile à monter. Il suffit de lire la charia (loi islamique) de près. Notez que toutes les conclusions ci-dessous sont obtenues selon une certaine lecture de l’islam.

Mariage selon la religion du conjoint

Dans la loi islamique classique, un homme musulman peut se marier avec une ou plusieurs femmes musulmanes, ou appartenant aux gens du Livre (chrétiennes, juives et éventuellement zoroastriennes).

Une femme musulmane ne peut se marier qu’avec un musulman. Elle ne peut pas épouser un chrétien, par exemple. Si elle essaye de le faire, le mariage est considéré comme nul selon la charia. Si elle consomme quand même le mariage, elle passe pour une fornicatrice (100 coups de fouet s’il y a quatre témoins visuels indépendants ayant chacun un casier judiciaire vierge et une réputation d’honnêteté, etc.). Je ne suis pas sûre de la religion de l’enfant d’une musulmane et d’un chrétien ; je crois qu’il est musulman, mais ce n’est pas important pour la suite de l’histoire.

En tout cas, l’enfant d’un père musulman est nécessairement musulman. Cet argument suffirait pour conclure sur cette malicieuse blague. Mais ce serait bien trop facile ! On va donc se compliquer les choses.

Et si l’enfant d’un musulman est élevé par des chrétiens ?

Supposons que l’enfant d’un père musulman soit adopté à la naissance dans une famille chrétienne, qu’il ait une éducation chrétienne, qu’adulte il aille à la messe, etc.. Est-il encore musulman aux yeux de la charia ?

La réponse est plutôt « non » : il a abandonné l’islam, c’est un apostat. C’est très embêtant pour notre blague, car elle tient sur le fait que l’enfant d’un musulman reste musulman quoi qu’il arrive. Mais on va trouver un moyen de s’en sortir.

Jurisprudence

Prenons l’exemple de Meriam Yahia Ibrahim Is’hag (مريم يحيى إبراهيم إسحق), née en 1987 d’un musulman et d’une chrétienne au Soudan, un pays extrêmement conservateur. Elle fut élevée dans le christianisme car son père l’avait abandonnée très jeune. De facto, elle embrassa complètement la foi chrétienne. Elle se maria avec un chrétien, mais catastrophe, un proche se souvint qu’elle était techniquement musulmane, et ne pouvait donc épouser un chrétien. Elle fut dénoncée à la justice au printemps 2014, pendant sa deuxième grossesse. Le mariage fut donc déclaré nul, mais vu qu’il avait déjà été consommé depuis longtemps, elle fut condamnée à 100 coups de fouet pour fornication. La cour rajouta une peine de mort pour apostasie (abandon de l’islam), car Meriam refusait de se convertir à l’islam malgré les injonctions de la justice. Un tollé international s’ensuivit. Meriam fut libérée en appel. Après s’être réfugiée dans l’ambassade américaine à Khartoum, elle prit un avion pour Rome en juillet 2014.

On en déduit que l’enfant d’un musulman, élevé dans le christianisme, est considéré comme apostat mais est toujours musulman.

Tout ça pour dire : selon une certaine vision de la charia, un type avec un père musulman est techniquement musulman, même s’il a adopté un style de vie chrétien dès l’enfance. On peut maintenant vous révéler la blague !

La blague ! La blague !

  • Steve Jobs, le fondateur d’Apple, adopté à la naissance, a un père syrien.
  • Son père est musulman.
  • Donc Steve Jobs est musulman.
  • Donc Apple a été fondée et dirigée par un musulman (un peu apostat quand même).

Pensez-y la prochaine fois que vous consulterez votre iPhone ;-)