Le code vestimentaire des femmes en Iran

Smartlapin voilé
Selfie de Smartlapin devant la mosquée du Cheikh Lotfollah à Ispahan (photomontage)

Certains se prennent les pieds dans le tapis persan concernant les habits des femmes en Iran. Voici donc quelques éclaircissements.

Code vestimentaire obligatoire

  • manteau ou tunique (mânto مانتو, emprunté au français)
  • voile (rusari روسرى, étymologiquement “ce qui se met sur la tête”)
  • pantalon, jean, jupe ou apparenté qui couvre les jambes jusqu’aux chevilles

Beaucoup de gens ne parlent que du voile et oublient le manteau. Voici les critères qu’un vêtement doit remplir pour être un mânto :

  • ne pas être très moulant, mais il peut être un peu serré ;
  • avoir des manches longues qui cachent bien les coudes et au moins un peu les avant-bras ;
  • descendre jusqu’aux genoux, mais dans la pratique, souvent à mi-cuisses ;
  • tous les motifs et coloris sont possibles, même si les couleurs très vives peuvent agacer la police.

Si les femmes conservatrices arborent un voile serré, la plupart des Iraniennes le portent en arrière et montrent beaucoup de cheveux. On peut aussi montrer l’avant de son cou. Le rusari peut être perçu comme un symbole d’oppression mais aussi, de plus en plus, comme un objet de séduction.

On peut montrer ses pieds si on cache bien les chevilles.

Ce code est plus ou moins strictement appliqué selon l’humeur des policiers.

Vêtement facultatif

  • tchador (tchâdorچادر, “tente”)

Le tchador est une sorte de toge ou de grand sari. Il s’enroule autour du corps. Si la personne est statique, il peut couvrir tout le corps sauf le visage, mais quand on bouge il peut montrer les jambes jusqu’aux genoux ou les bras jusqu’à la poitrine. Le tchador actuel est typiquement de couleur noire unie, mais on trouve des modèles gris ou à motifs.

Ce vêtement est obligatoire dans les mosquées et les mausolées, mais pas ailleurs. On l’arbore beaucoup dans des villes conservatrices comme Qom ou Yazd. Il est rare à Téhéran.

Vêtements qu’on ne trouve pas (souvent)

  • burqa afghane (tchadri چادري en pachtoune, « tente » avec grille pour les yeux)
  • niqab (niqâb نقاب en arabe, coiffe de tissu masquant le visage mais pas les yeux)
  • abaya (‘abâya عباية en arabe, robe noire)

Contrairement aux habitantes des pays environnants comme l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iraq ou les pays du Golfe, peu d’Iraniennes se voilent le visage. Les Arabes de la côte du Golfe Persique, comme à Bandar-‘Abbâs, portent parfois des masques semblables à ceux arborés au Sultanat d’Oman, en plus de leurs robes colorées traditionnelles. La burqa afghane est justement typique des Afghanes, et notamment des Pachtounes de l’est du pays et de la région de Peshawar (ouest du Pakistan).

Les abayas, ces longues robes noires populaires chez les Arabes en Iraq et dans la péninsule arabique, sont rares en Iran. Les femmes y préfèrent le tchador.

Pour finir…

Les Iraniennes s’habillent souvent de manière élégante et la mode s’est largement adaptée aux contraintes de la loi. Si vous voulez admirer les dernières tendances de la mode féminine iranienne, rendez-vous sur cet article de GlobalVoices (en anglais, mais ce sont les images qui comptent).

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